❝ L’allergie, ce n’est pas que le rhume des foins ou quelques boutons ❞

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Pascale Couratier est porte-parole de l’Association française pour la Prévention des Allergies (Afpral).
Propos recueillis par Sébastien Drouet

 

Le printemps est là, et avec lui les pollens de graminées. Cette période correspond-elle au pic des allergies ?
Il y a plus de pollens à cette période, mais dans certaines régions, il y en a en décembre. On remarque aussi qu’au mois d’octobre, il y a une recrudescence d’asthme, de bronchiolite, à cause des acariens qui se développent dans les intérieurs surchauffés et humides, propices aux moisissures. Quant aux allergies alimentaires, c’est toute l’année…

Selon votre association, les allergies sont une maladie en soi. Est-ce difficile à faire reconnaître par les pouvoirs publics ?
On prend souvent cela à la légère, on plaisante avec ce terme parfois (« je suis allergique au travail »), mais l’allergie est une pathologie réelle. Ce n’est pas non plus que le rhume des foins ou quelques boutons. Une rhinite permanente peut être très gênante : les enfants vont être épuisés à l’école, surtout si cela va jusqu’à l’asthme. Ce n’est pas assez pris en compte, comme on peut le voir en ce moment avec la question du déremboursement de la désensibilisation. Alors que si l’on neutralise, par exemple, une allergie au pollen de bouleau, c’est une assurance pour éviter une allergie alimentaire qui peut avoir des conséquences graves, voire mortelles.

Il y a de plus en plus de personnes allergiques, mais paradoxalement, il y a peu d’allergologues (un peu moins de 500 installés en tant que tels, environ 1 200 si l’on inclut les pneumologues avec spécialité allergologie). Pour quelles raisons ?
Jusqu’au début de l’année dernière, l’allergologie n’était pas reconnue comme une spécialité.

Les personnes qui s’installaient comme allergologues avaient donc des honoraires moins élevés. Depuis janvier 2017, ils sont reconnus – c’est là le paradoxe – au moment où il est question de dérembourser la désensibilisation… Mais peut-être va-t-il y avoir des vocations désormais ?

Comment faire de la prévention, votre association étant dédiée à la « prévention » de l’allergie ?
Par la sensibilisation du public, l’information sur les bons gestes, la recommandation de certains produits. La prévention passe aussi par l’entretien du corps, surtout quand on a un bébé : il faut éviter de le badigeonner de certaines crèmes qui altèrent la barrière cutanée. Les allergènes passeront dans le sang au contact de la peau.

Y a-t-il un peu d’espoir pour tous les allergiques qui nous lisent ? Peut-on guérir d’une allergie, par exemple ?
Tout à fait. L’allergie peut disparaître d’elle-même, enfant, parce que le système immunitaire se renforce. On peut aussi forcer la nature, avec la désensibilisation, ou l’induction de tolérance alimentaire, uniquement proposée aux enfants. L’enfant ne sera peut-être pas totalement guéri, mais il aura un seuil de réactivité élevé en cas d’absorption accidentelle de l’allergène.

allergies.afpral.fr
01 70 23 28 14

Une antenne existe dans la région Centre-Val de Loire :
Ghislaine Fèvre, antenne-centre@afpral.fr