A livre ouvert

© MZ Moser

C’est au cœur d’Olivet que Séverine, ex-Parisienne, a décidé d’installer une librairie qui a vite trouvé sa place. Et même s’il lui faut beaucoup d’énergie pour faire tourner sa boutique, Séverine en garde encore pour imaginer s’agrandir et créer un café littéraire.

 

Parcours

Séverine Aumont-Sanz est une femme de lettres. Entre communication, cours à la fac et projets culturels, cette jolie brune s’avoue facilement multitâche. Après sept ans, l’envie d’autre chose pointe son nez. Séverine réalise un bilan de compétences qui la met devant deux évidences. Pour s’épanouir, elle doit retourner à ses premières amours, les livres, et s’orienter vers des postes requérant plus d’indépendance. Son projet commence à prendre forme, tout comme elle. En 2007, voici Séverine « à la tête d’une petite tribu de trois enfants », comme elle aime à le dire. S’enchaîne un congé parental qu’elle met à profit pour mûrir son projet de librairie.

 

Déclic

En quelques mois, la petite famille quitte la Région parisienne pour Olivet. « Le projet pouvait partir dans les valises avec nous ! », se réjouit Séverine. La suite de l’aventure a été plus longue que prévue, entre découverte de la Région, nouvelle étude de marché, recherche de locaux, négociations avec les banques. Fin 2012, les premiers clients passent enfin la porte avec des mots réconfortants et encourageants : « Ça nous manquait ! ». Les commerçants olivétains la recommandent et le bouche-à-oreille fonctionne bien.

 

Aides

Le Centre régional du Livre a soutenu le projet de Séverine en lui accordant une subvention, une autre lui a été attribuée par la DRAC. Elle aurait pu en demander d’autres, son passé professionnel l’autorisant à ne pas être effrayée par les dossiers à monter. Pourtant, les critères d’attribution ne lui permettaient pas d’y prétendre. « Il fallait justifier d’un niveau de chiffre d’affaires tel que si je l’avais atteint, je n’aurais pas eu besoin de solliciter une subvention… », avoue Séverine, un peu désabusée par ce système.

Loiret Initiatives et la CCI du Loiret ont été de bons soutiens pour la jeune libraire. Le premier en lui accordant un prêt à taux zéro, et le second par sa formation dispensée et les conseils juridiques octroyés au moment du choix du statut notamment. « Cela m’a fourni un vrai coup de pouce au démarrage et comme il n’y en a pas tant que ça, autant en profiter », souligne Séverine.

 

Obstacles

À sa grande surprise, ce sont des obstacles inhérents au métier de libraire qui ont malmené Séverine. Qui s’imagine en effet qu’avant de conseiller tel auteur à succès ou tel chef d’œuvre en puissance, il faut au préalable manipuler des tonnes de livres. À raison de 20 kilos par colis, on vous laisse calculer les calories dépensées à rentrer les 15 paquets de chaque livraison….

 

 

LES+

« Le bonheur de travailler pour soi. La pression est là, mais ce n’est pas la même qu’en tant que salariée, je fais mes propres choix. Et puis le bien-être qu’on arrive à transmettre, partager, être heureux de ce que l’on fait. »

 

LES –

« La fatigue, le manque de repos. Parfois la difficulté de travailler seule, même si c’est que je voulais. On est rarement en déconnection complète. J’ai fait le choix de ne pas faire suivre mes outils informatiques à la maison, mais je ramène quand même du travail : des livres ! »

 

Bio express

1973 : Naissance en Région parisienne

Diplômée d’un DEA d’Études européennes sur les politiques culturelles

2010 : Arrivée à Olivet

4 décembre 2012 : Ouverture de sa librairie Volte-Pages à Olivet

 

 

Volte-Pages, 61 place Louis Sallé, à Olivet – 02 38 88 23 59

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