Alexis Boidin Un mec Canon

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Le patron de « Canon, coiffures et objets », dans le quartier Colbert, a installé son salon dans une ancienne boulangerie. On y trouve aussi des œuvres d’art. Entre deux clientes, Alexis a posé shampooing et ciseaux pour parler de lui. « J’ai l’impression de faire une psychanalyse », avoue-t-il en riant. Sébastien Drouet

Coiffeur depuis l’âge de 19 ans, Alexis Boidin avait envie de pratiquer son métier autrement, de manière plus confidentielle, uniquement sur rendez-vous, et dans un cadre « décalé », comme on dit. De fait, décalé », le salon « Canon, coiffures et objets » l’est dès l’entrée, puisque la devanture est encore siglée « Boulangerie-pâtisserie », comme autrefois. « De cette façon, on respecte ce que les anciens ont fait », dit-il. Mais non sans intégrer une touche hyper personnelle à travers le mobilier, la déco, les produits cosmétiques utilisés – respectueux de l’environnement, non testés sur les animaux, sans paraben – et l’ouverture de Canon à des artistes. Mais avant d’aller plus loin, une question nous hante : qu’est-ce que cela signifie, Canon ? « C’est un mot que je dis tout le temps. Par exemple :  “Ce truc, c’est canon !” C’est une copine qui m’a conseillé d’appeler le salon comme ça. Du coup, je dis ce mot beaucoup moins, maintenant… »

Né à Chambray, Alexis a grandi dans le sud de la Touraine avant de rejoindre Angers où il a suivi les cours d’une école… de paysage. « Je coupais les cheveux de mes copines et copains, et à un moment donné, j’ai décidé de passer le CAP comme ça, pour voir. Et je suis resté dans ce domaine. La vie m’a conduit à faire autre chose que dessiner des paysages. » Mais sans trop s’éloigner de ceux de Touraine : c’est à Tours qu’il exerce depuis le début, d’abord sous la coupe de David Brault, puis en tant que responsable d’un salon, dans la rue Colbert, qu’il rachètera à son boss. Jusqu’à ce que… « Quand tu arrives à la trentaine et que tu te rends compte que tu as passé dix ans de ta vie dans un même endroit… tu ouvres Canon, coiffures et objets », sourit Alexis, qui compte développer le côté objets, justement. « Les gens aiment beaucoup cela. Il n’y a pas que des œuvres d’art, on trouve différentes choses made in Touraine, comme ces terrariums que proposent deux gars. » Finalement, le jeune homme a réuni paysage et coiffure au même endroit. « C’est plutôt sympa. » « Sympa » : son nouveau tic de langage ! « Qui sait ? Un jour, j’ouvrirai peut-être un salon baptisé “Sympa” dans une ancienne charcuterie… »

1, rue Albert-Thomas à Tours
` @canoncoiffures

 

Bio express 

20 octobre 1984 :  naissance à Chambray-lès-Tours

Septembre 2004 :  inscription en CAP coiffure dans le cadre d’une formation
pour adultes

Septembre 2007 : premier CDI chez Ikxis, place du Grand-Marché

Octobre 2015 : signature du bail pour la boulangerie

4 janvier 2016 : ouverture de Canon après trois mois de travaux

 

Galerie d’art
« Tous les deux mois, il y a une expo différente, déclare Alexis. Geoffrey Guilin, un photographe et illustrateur, a exposé ici, Ma2line, Petit Bâton en ce moment. En septembre, ce sera probablement Nep. Je choisis comme ça, au coup de cœur, ça se fait simplement. Quand j’aime, c’est carte blanche et on y va. »

 

Il n’oublie pas…
… de citer ses deux collègues, Florian Lacot et Chloé Laignon, deux passionnés de déco eux aussi. Par ailleurs, Chloé est couturière et a créé sa propre marque. « Encore des rencontres, comme pour les artistes que j’expose. Chloé, je l’ai vue sur un shooting où elle était modèle. »

 

Ciseaux du cœur
Alexis a l’habitude de donner de son temps pour des causes qui l’intéressent : Flamme en rose, par exemple, « parce que c’est important de faire de belles coiffures aux femmes touchées par le cancer du sein », ou encore le Potager électronique (qui fêtera sa première décennie le 30 juin et le 1er juillet), où notre coiffeur tient un bar à coiffures avec Aline Boutet : « Trente-trois ans d’amitié ! C’est même moi qui l’ai forcée à devenir coiffeuse. »

 

Un jardin nommé loisir
Alexis n’a pas oublié tout ce qu’il a appris dans le cadre de son ancienne formation. D’ailleurs, il l’annonce officiellement (et pour rire), « mon jardin pourrait faire concurrence à ceux de Chaumont-sur-Loire ! Il est magnifique, une vraie jungle ». Une jungle qui occupe 50 m2, tient-il à préciser.