Allaiter ou ne pas allaiter ?

À l’initiative de la Mutualité Française, une conférence-débat s’est tenue à Orléans sur « l’allaitement au sein du couple, de la famille, de la société ». Mais comment vit-on la question de l’allaitement aujourd’hui ? Sophie Lejman.

 

Un regard sur l’allaitement
Prolongement naturel de la grossesse, ce choix intime et personnel appartient à chaque femme. Un enfant tout juste né est loin d’avoir achevé sa formation, que ce soit au niveau neurologique ou sensitif : le lait maternel est un moyen naturel de prolonger cette évolution. Selon le docteur Imbert-Renou, pédiatre libérale à Tours, il est absolument nécessaire de « changer les regards extérieurs sur la question de l’allaitement, nous devons le banaliser et trouver des solutions pour le rendre possible ». Avant l’accouchement, la jeune maman est hautement sensible, vulnérable et influencée par ses proches. Son compagnon doit être plus que jamais présent, barrage à toutes les idées reçues. Il se doit également de l’aider dans sa prise de décision, car son regard approbatif est primordial. Il commencera ainsi à endosser son rôle de père en tant que protecteur. Catherine Layma, sage-femme libérale du Loiret, nous explique une des réactions habituelles de ce dernier devant l’allaitement : « Les difficultés se présentent souvent au niveau de l’attachement : par le sentiment de jalousie tout d’abord – la peur que l’enfant prenne sa place –, mais aussi par la jalousie physique – le fait de montrer son corps en public durant l’allaitement, ou encore la peur de l’absence –, comment créer alors un lien lui aussi avec son enfant ? »

 

De femme à femme
Les avantages de l’allaitement sont pourtant reconnus, comme diminuer les risques de cancer du sein et de l’ostéoporose, faciliter l’alignement des dents de bébé, muscler l’utérus et le périnée, aider la perte de poids après la naissance. Il n’en demeure pas moins difficile à mettre en pratique : en ligne de mire, le manque d’information et d’aide sur le sujet, mais également les contraintes professionnelles qui ne confortent pas les femmes vers le choix de l’allaitement. Aujourd’hui, de nombreuses structures accompagnent les mamans qui souhaitent allaiter. Sylvie Dehez, mère de trois enfants tous allaités, est bénévole à La Leche League (association créée en 1975 ayant pour but d’informer et d’aider les femmes qui désirent allaiter). Elle précise que « de nombreuses initiatives sont portées par cette association comme des réunions mamans/bébés (espaces d’échanges) ou encore l’existence d’un répondeur national 24 h/24 ».

 

Séverine Dupré, maman d’un enfant de 15 mois, a pour sa part choisi l’allaitement, même si elle avoue avoir été désemparée dès le début par le manque de soutien. Les avis multiples, positifs comme négatifs, l’ont aussi affectée : « J’ai même caché le fait que j’allaitais mon bébé après six mois. » Il convient donc de communiquer avec les personnes qualifiées sur le sujet (pédiatres, sages-femmes, associations…), et celles-ci sont nombreuses ! Les rendez-vous peuvent débuter quinze jours après la naissance du bébé.

 

 

N’hésitez pas à donner votre avis sur l’allaitement en nous écrivant ci-dessous !