Anne, Bâtonnière

© Julie Rey © Julie Rey

Première femme à avoir été élue bâtonnière au barreau de Bordeaux, Anne Cadiot-Feidt représente quelque 1 500 avocats. Résolument engagée dans ses fonctions et pour la cause de la femme, cette passionnée nous embarque pour une journée bien remplie.

 

7 heures, je me lève et je commence par 200 abdos et des exercices de chi gong, cette gymnastique chinoise fondée sur la respiration et la maîtrise de l’énergie vitale. C’est tout aussi important que mon petit déjeûner pour entamer une bonne journée…

Je débute ma matinée à mon cabinet, je suis pénaliste et spécialiste en droit civil. J’ai gardé mes clients et j’essaie de les recevoir, mais je ne peux pas toujours être opérationnelle sur tous les dossiers. Depuis que je suis petite fi lle, la chose publique m’a toujours intéressée. J’ai choisi d’être avocate pour devenir Gisèle Halimi ! C’est à la fac de droit que j’ai rencontré mon mari, nous avons réussi le concours pour l’école d’avocat ensemble, c’était il y a 33 ans !

Vers midi, je me rends à la Maison de l’Avocat. J’ai rarement l’occasion de déjeûner, je suis adepte du yaourt au miel et aux fruits secs ! Les deux années de bâtonnat sont très prenantes et difficiles. C’est une tâche à accomplir sans compter. Je vois arriver la fi n de mon mandat sans angoisse. J’aime le changement, il faut se forcer à se bousculer ! J’ai toujours été attirée par le syndicalisme. Après avoir prêté serment, j’ai tout de suite adhéré à l’Union des Grands Avocats, dont je suis devenue la présidente dans les années 90. Je suis entrée au Conseil National du Barreau, où les femmes sont faiblement représentées ; j’ai mis du temps à trouver ma place. J’ai été élue à ma 3e candidature, j’ai été tenace, et certainement un peu présomptueuse aussi !

Le mercredi, à partir de 9 heures jusqu’à 22 heures, je reçois mes confrères à la Maison de l’Avocat : audiences d’arbitrage, renseignements déontologiques… Le reste du temps, je me consacre aux nombreux dossiers auxquels on doit répondre dans les 8 jours : rédaction des dossiers d’arbitrage, de conciliation… En tant que représentante des avocats bordelais, j’ai un rôle de communication important pour soutenir leurs luttes et démarches. J’interviens parfois à l’université sur des problématiques diverses : les cliniques du droit, la parité homme/femme, thème sur lequel je suis très sollicitée. Je dois participer ce mois-ci à un voyage à Cuba, avec le barreau, pour mener à la faculté de droit une réflexion sur les droits de la femme…

Vers 20 heures, tout se calme, le téléphone arrête de sonner, et je peux me consacrer plus tranquillement aux dossiers. Vers 22-23 heures, je rentre enfi n chez moi et je peux apprécier le dîner que mon mari m’a préparé. Il m’a toujours soutenue et épaulée, heureusement car je suis peu à la maison !

Je me couche en général vers minuit, après avoir zappé sur les chaînes d’info en continu. Je n’éteins jamais sans avoir lu quelques pages d’un roman, en ce moment c’est un polar « Le dernier lapon » d’Olivier Truc.