Brice, sam et luc Boutavant, toute !

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Tous trois salariés de l’association Boutavant, Brice Fournier, Sam Oliveau et Luc Pacaud baladent les touristes sur la Loire à bord de bateaux traditionnels, au départ de la guinguette de Tours ou du pont de fil. Sébastien Drouet

 

Depuis le 12 mai, et jusqu’à fin septembre, le Maine (chaland, 60 passagers), le Margot (toue, 12 passagers) et l’Erdre (chaland avec mât et voile, 30 passagers), transportent les curieux, une heure durant, sur le fleuve royal, du pont Wilson vers Saint-Cyr-sur-Loire, ou bien à l’amont, du château de Tours jusqu’à l’abbaye de Marmoutier. Une heure de navigation, mais plus que cela encore, une heure de questions-réponses sur tous les sujets liés à la Loire, Sam, Luc et Brice, les trois pilotes de l’association Boutavant, connaissant sur le bout des doigts tout ce qui a trait à ce vaste et captivant domaine. Il faut dire que nos trois capitaines ne sont pas les premiers venus…

Formés au pilotage de bateaux homologués aux normes européennes, détenteurs d’une attestation spéciale plus stricte qu’un simple permis bateau individuel, ils sont en outre nantis d’un sérieux bagage. Sam Oliveau, 44 ans, a découvert le métier dans le cadre de ses études d’ingénierie des milieux aquatiques et corridors fluviaux : « C’était en 1996. L’Université possédait des bateaux à l’époque, et nous avions navigué jusqu’à Brest pour le grand festival qui a eu lieu cette année-là. Au retour, j’ai rencontré des gens du musée de Montjean (Maine-et-Loire) qui avaient une des premières gabares refaites – car il n’existe plus de bateaux du XIXe siècle, tous sont des répliques effectuées sans plans d’origine – avant d’arriver à Boutavant, asso créée par Alain Lacroix et désormais présidée par Jean-Pierre Berton, l’ancien directeur de ma filière. » Et de celle de Luc Pacaud (45 ans), qui a suivi le même cursus après une reconversion. Brice Fournier, le benjamin (35 ans), est quant à lui diplômé en médiation culturelle.

La saison touristique est lancée et ne voit guère les pilotes toucher terre, dans la journée, que pour embarquer les nombreux touristes, mais aussi les Tourangeaux qui plébiscitent ce genre d’activité originale. Tout l’hiver et une bonne partie du printemps, Sam, Luc et Brice ont assuré « la paperasse », et préparé les bateaux, ce qui demande de vrais talents en bricolage. « Nous faisons tout, déclare Sam, nous maîtrisons la chaîne de bout en bout. » Chacun est complémentaire des deux autres. Une vraie équipe, au service des passagers toujours plus nombreux à profiter du fleuve classé à l’Unesco et à partager la science de nos trois sympathiques matelots ! 

06 83 57 89 20 – assoboutavant@gmail.com

 

19e saison touristique
C’est en 2000 que l’activité « promenade en bateau de Loire » a débuté ici. Souvenez-vous : les premiers « voyages » consistaient à faire l’aller-retour vers l’île Simon…

 

À l’abri
Durant l’hiver, les bateaux sont cachés du côté de Saint-Cyr, derrière des îles. « Sinon, avec des troncs d’arbres qui dérivent sur le fleuve à 10 km/h, je vous laisse imaginer les dégâts », sourit Sam. Certains sont emmenés dans l’abri, sur le quai, près de la guinguette, pour être entretenus.

 

À la Ville
Les bateaux, le quai, les pontons… Beaucoup de matériel à gérer pour une association. En fait, celle-ci est partenaire de la ville de Tours, propriétaire des bateaux. « En échange, on les entretient et on les fait tourner », précisent les trois pilotes-guides.

 

Retour à la Loire
C’est à la fin des années 80, plus encore à la fin de la décennie suivante, que la navigation de patrimoine a refait surface. Non plus pour transporter des marchandises, mais des touristes. Un bienfait : ces derniers, en profitant du fleuve, se rendent compte de son importance et le respectent d’autant plus.

 

Comment va la Loire ?
Mieux qu’il y a 30 ou 40 ans, répond Sam. Après-guerre, l’exploitation du sable et des graviers pour la reconstruction a nécessité l’extraction (désormais interdite) de 2 à 3 mètres de sédiments. Avec des impacts sur l’environnement ou sur les structures : c’est notamment pour cette raison que le pont Wilson s’est effondré en 1978.