De vous à Moix

50 ans à pleines dents

14 octobre 2017
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Ma génération croyait vraiment en avoir fini avec les 68ards. On pensait tous en être débarrassé. Ça faisait des années qu’on attendait ça avec impatience. On avait hâte que les ex-hippies perdent enfin leur tignasse et leur arrogance, que leur haleine ne sentent plus le patchouli du plateau du Larzac mais l’âcreté d’un gosier qui prend de l’âge, que leurs partouzes-party de l’île de White …

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Paradis perdu

29 juin 2017
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Mes plus belles vacances furent certainement celles de mon enfance où j’ai passé mes journées à ne rien faire. Car de la vacuité, du néant étymologique que le mot vacances renferme, jaillissait tout un univers. L’ennui accouchait d’un monde. La banalité des heures se transformait en destinations merveilleuses et l’imaginaire utilisait le vide comme un tremplin vers l’évasion. Depuis que je n’exerce plus l’ennui pendant …

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Homo uberis

17 mai 2017
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L’ère de la coule douce arrive à sa fin. Après des décennies de passivité, l’individu semble avoir enfin quitté le monde fantasmé de l’adulescence. Longtemps assisté par un État présent partout tout le temps à qui l’on donne les clés de nos vies privées un dimanche de mai dans un isoloir, le citoyen se comporte comme un Tanguy pas vraiment concerné et pas très pressé …

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Seconde peau

18 avril 2017
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Nos vêtements ne sont pas que de simples bouts de tissus. Ils sont surtout des morceaux de nous-mêmes. Des échantillons de nos vies, de nos « moi » successifs qui changent et qui évoluent, des fragments de notre temps qui passe. Pantalons, shorts, tee-shirts, salopettes, minijupes, bermudas, corsaires et autres débardeurs sont nos agendas. Ils nous datent à tout jamais, nous inscrivent dans des époques révolues, nous …

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Wonder women

17 mars 2017
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Le pouvoir est unisexe. Il ne s’habille plus seulement en costard-cravate étriqué et chemise blanche. Il ne sent pas uniquement l’after-shave au réveil et les dessous de bras en fin de journée. Ken n’en est plus l’unique représentant. Le pouvoir porte aussi sa panoplie Barbie. Talons, tailleurs, rouges à lèvres et fards à paupière. Le pouvoir ne bombe pas seulement le torse, il pointe aussi …

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L’amour avec des si

22 février 2017
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D’abord on a 20 ans. On frime, on fait la roue, on glousse comme un dindon, on se trémousse dans des boîtes de nuit comme des primates ridicules. King Kong du samedi soir, on bombe le torse pour éliminer la concurrence. On fait l’intéressant, le beau, l’irrésistible. Le méchant. On parade. Amoureusement. Instinctivement. Pour la survie de l’espèce. La femelle rougissante s’approche, attirée par le déodorant …

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Je crois donc je suis

26 décembre 2016
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Le monde moderne est désespérant. Il ne croit plus en rien. Mais il croit en n’importe quoi. À tout bout de champ. Tout le temps. Le monde ne s’arrête plus de croire. Jours et nuits. En toutes circonstances. Chez soi, au bureau, dans la rue ou dans les journaux. Fantômes, dieux, forces surnaturelles, forces occultes, pouvoir du mental, des plantes et du tarot, réincarnation, destin, …

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Woman Power

27 octobre 2016
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Les femmes d’aujourd’hui sont les hommes de demain. La femme moderne n’est plus au foyer, elle est au boulot 24 h/24. Elle ne reste plus derrière ses fourneaux, elle va au charbon. Elle ne range plus la maison, elle crée des boîtes. Si jadis l’homme portait la culotte, la femme d’aujourd’hui porte la cravate. Notre monde a changé de sexe. Et c’est tant mieux. Il ne …

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MOZART ET LAMBADA

3 juillet 2016
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Les tubes de l’été sont à la musique ce que Musso est à la littérature ou Les Visiteurs 3 au cinéma. Un vide artistique qui remplit les caisses. Une soupe de mauvaises notes qui sent la merguez-frites. Une soirée tongues au milieu des caravanes de Palavasles-Flots. Un éphémère morceau de musique beauf pour campingà-l’anisette et short-àsocquettes. Mais, qu’on le veuille ou non, ces « symphonies …

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RETOUR AU BERCAIL !

21 mai 2016
Retour-au-Bercail

Moi aussi j’ai bien failli m’appeler Tanguy. Un pacha de 25 ans vivant confortablement chez ses parents, s’inventant des faux projets pour les rassurer le plus longtemps possible… Espèce d’étudiant attardé, végétant sans gloire au frais des Trente Glorieuses. Ma passivité de 1972 s’étirait tous les jours jusqu’à midi dans la réussite soyeuse et douillette de 1968. Je n’avais pas connu les barricades, mais j’étais …

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