Chacun cherche son coach

On connaissait les coachs sportifs, mais on croise désormais les coachs de vie, les coachs parentaux, les coachs de poker et même ceux de minceur ! Qui se cache derrière ces pros dont vous ne pourrez peut-être bientôt plus vous passer ?

 

Jamais sans mon coach ? Franchement, 
certain(e)s ne sont plus très loin de sortir cette phrase, sinon à tout bout de champ, du moins lorsqu’il s’agit de prendre une décision importante pour le foyer. Car des coachs, il y en a pour tous les domaines de la vie quotidienne, même les dépenses familiales ! Apparu dans le vocabulaire courant il y a une dizaine d’années – mais le terme n’a jamais été aussi employé qu’actuellement –, le coaching est né en Californie, à Palo Alto, dans les années 70 : des psys, qui en avaient marre des psychanalyses de longue durée (quand bien même leurs clients avaient les moyens de se les payer) ont décidé de mettre en place des moyens, des techniques, pour accompagner ces mêmes clients sur des échéances plus courtes et surtout, pour traiter leurs problèmes de manière plus concrète. Peu à peu, des personnes intéressées, mais ne venant pas du milieu médical, se sont aventurées sur cette voie, vers cette activité, s’y sont formées et ont commencé à exercer : un nouveau métier était né. « Un nouveau terme », tempère Nathalie Bourrasin, coach elle-même, selon qui le coach existe depuis la nuit des temps, mais sous une autre forme qu’actuellement. « Platon, Socrate, les premiers enseignants étaient des coachs », sourit-elle. Et Nathalie de donner l’origine étymologique de ce mot venu tout droit d’outre-Atlantique : « Le métier vient de « cocher », celui qui guide la diligence. » Un guide, un accompagnant, tel était déjà le coach sportif des années 80, dans le tennis par exemple. Celui qui, en plus de ses fonctions d’entraîneur, composait les menus de son protégé, surveillait ses fréquentations, gérait ses sorties, le motivait avant un match… et le consolait après une défaite.

 

PSYS RECONVERTIS

La défaite, justement, n’est même pas envisagée par nos coachs actuels, qui ont dépassé les limites du terrain de sport pour s’inviter dans la vie professionnelle et privée : il s’agit pour eux de définir un objectif, et un seul, avec leur client, et de l’atteindre au bout d’un certain nombre de séances. Ils ne délivrent pas de conseils – tous insistent sur ce point – mais aident la personne à trou-ver en elle la solution à son problème. Comment faisait-on avant ? On allait chez le psy quand ça ne tournait pas très rond, ou bien on appelait un consultant pour se remotiver au boulot. La pression de la société, l’isolement des individus, ont changé la donne et font le jeu des coachs, qui sont parfois d’anciens psys ou consultants… Profession entièrement libre, qui ne nécessite pas de diplôme pour l’exercer (même s’il existe des écoles et des formations), le coaching a vu récemment débouler sur la place nombre d’auto-entrepreneurs que le métier a séduits à l’heure de leur reconversion. « Nous allons voir apparaître des coachs en vie familiale, en relations sexuelles, en gestion de patrimoine », pronostiquait en 2009 Éric Albert, psychiatre et coach, sur psychologies.com. De fait, quatre ans après, ils sont là. Mais comment faire son choix parmi toute l’offre existante ? « Il y a à boire et à manger, indique Nicolas Depétris, coach et formateur de coachs. Cela reste une prestation de service. Le plus important est la qualité de l’alliance entre le client et son coach. Si le feeling ne passe pas, il faut changer. » Vous hésitez ? Demandez donc à un coach de vous aider à choisir un coach !

 

FOUETTE COACHING

Libé consacrait en 2007 un article au vitriol sur la déferlante du coaching, en donnant la parole à Pierre Le Coz, co-auteur de l’Empire des coachs (Albin Michel, 2006). Un philosophe très critique, pour le moins, à l’encontre de ces « petits maîtres », selon ses propres termes, du conformisme et du contrôle social. « Le coaching a pris racine dans notre culture, disait-il. C’est un phénomène social tentaculaire dont nous aurions grand tort de minimiser le potentiel de nuisance. Rappelons que les coachs sont loin d’avoir tous une formation psychologique digne de ce nom. »

 

COACH GENERALISTE

Si la majorité des coachs ont un terrain de jeu privilégié, certains, comme Corinne Dulac, n’ont pas de spécificité définie. À Saint-Pryvé, cette diplômée de l’Institut de Coaching International (oui, ça existe) explique être « un coach en bonheur, pour les particuliers et les entreprises ». Depuis qu’elle a commencé son activité, en septembre 2011, quelle problématique générale a-t-elle rencontrée auprès de la grosse centaine de personnes qu’elle a déjà coachées ? « Le besoin de reconnaissance, répond-elle sans hésitation. Il est fondamental. » Un Graal qui ne s’acquiert que par un long « processus global », au début duquel un « objectif large » est défini : avoir plus confiance en soi par exemple. Pour arriver à cette fin, aller demander une augmentation à son patron participera de cette démarche.

Corinne fait durer ce cheminement de quatre à seize séances, pas plus : « Mon but n’est pas de construire une relation de dépendance avec mes clients. D’ailleurs, ce ne sont pas des patients, ils signent un contrat. » Pour elle, un coach n’est pas un psy qui s’ignore. « Le psy travaille sur le pourquoi, le coach travaille sur le comment », précise-t-elle. Côté tarifs, les dissemblances ne sont pas flagrantes, pourtant : pour 1 h à 1 h 30 de séance, Corinne demande à ses « clients » la modique somme de 60 € TTC de l’heure. Chacun cherche son chat…

 

www.happy-attitude-coaching.com

 

COACHING RELOOKING

N’importe qui peut se prétendre coach en relooking. On peut choisir de rencontrer des personnes formées et diplômées d’un brevet d’Etat comme Thao Gaultier qui depuis 2009 s’occupe de guider dans leur recherche d’image les clients qu’elle reçoit dans sa boutique Sucré/Salé à Orléans. Un entretien coaching d’1h30 à 3h est le point de départ indispensable pour comprendre la demande et donner un axe de travail en fonction de la situation actuelle et de la situation désirée. Les étapes tu suivras… Le diagnostic couleur est indispensable, la coiffure va pouvoir changer totalement une personne, et enfin le style vestimentaire est étudié à la fin en fonction de la morphologie. Le but du coaching conseil en image selon Thao Gaultier est de faire du bien, mais pour aller de l’avant, il faut savoir prendre du recul, et cette démarche n’est pas toujours facile. Les qualités d’un bon coach sont la confidentialité, les attitudes positives et l’absence de jugement.

 

Sucré/Salé, 24 rue du Colombier, Orléans T. 06 60 74 21 37. www.relooking-sucresale.fr

 

ET MAINTENANT, DES COACHS EN « DRAGUE VIRTUELLE » !

Vous avez passé des heures à discuter avec un certain « Loveur45 », qui vous a subjuguée par la douceur de son esprit et la qualité de son verbe. Mais en le rencontrant dans la « vraie » vie, patatras ! Vous vous apercevez finalement que le joli cœur qui se cachait derrière son écran n’est qu’un rustre qui a bien du mal à aligner deux phrases de français… La raison ? Il se peut que ce « Loveur45 » ait bénéficié des aides d’un séducteur « virtuel », lequel vous a embobinée avant de s’effacer au profit du mal embouché qui se trouve en face de vous. Le concept n’est pas tellement neuf (rappelez-vous Cyrano…). Ce qui l’est en revanche, c’est la professionnalisation de ce service. La société NetDatingAssistant, par exemple, en a fait son fonds de commerce, et propose aux hommes pressés de « déléguer » la phase de drague sur Internet à un virtuose du mot. Celui-ci est payé pour dénicher un rendez-vous en s’inscrivant sur un site de rencontres et en appâtant la personne recherchée. Soyons francs, c’est assez vicieux comme concept, à la limite de l’usurpation d’identité. Redoublez donc de prudence si vous avez affaire à un Baudelaire en puissance…