Contraception : quels risques à long terme avec la pilule ?

Fotolia_37790488_Subscription_XXL

« Je prends la pilule depuis 15 ans, dois-je changer de mode de contraception ? » C’est la question que se posent beaucoup de femmes. Après 40 ans d’existence, la petite pastille quotidienne fait débat.

La pilule est la méthode contraceptive la plus utilisée à travers le monde, choisie à 70 % par les Françaises de moins de 30 ans. Or, enchaîner les plaquettes pourrait être un acte moins anodin qu’on ne le pense. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a en effet classé la pilule parmi les produits cancérigènes du groupe 1, c’est-à dire ceux dont l’action est « certaine » concernant les cancers du sein, du col de l’utérus et du foie. La durée de prise augmenterait le danger.

 > Des études à prendre avec recul

Une multitude de recherches étant menées sur le sujet, il est difficile de faire la part des choses. Le docteur Philippe Michaud, gynécologue à Orléans, estime que « le risque de cancer n’est pas augmenté par un traitement hormonal de substitution, même au-delà de dix ans ». Selon lui, la fameuse enquête WHI du début des années 2000, qui accusait ce mode de contraception d’exposer davantage au cancer du sein, à l’infarctus et à la maladie d’Alzheimer, n’avait pas été réalisée sur une population représentative. « J’ai beaucoup de patientes qui prennent la pilule depuis des années et qui la supportent très bien », précise-t-il. Le docteur Véronique Potin, médecin généraliste à Orléans, explique pour sa part qu’ « un éventuel cancer du sein sera sûrement mieux dépisté chez les femmes sous pilule, car on suit systématiquement ces patientes tous les six mois ».

 > À utiliser en connaissance de cause

Pourtant, l’Agence américaine du médicament, la Food and Drug Administration, a dénoncé en décembre dernier un risque accru de caillots ou thromboses veineuses avec la pilule de quatrième génération. « S’il y a un risque naturel cardio-vasculaire ou une thrombophilie, c’est-à-dire une anomalie génétique de la coagulation, ce risque augmente avec la prise de la pilule, reconnaît le docteur Michaud. Cette contraception ne diminue pas l’espérance de vie, mais il ne faut pas la galvauder. Ça reste un traitement médical, et en tant que tel, elle peut avoir des effets secondaires. C’est au médecin de faire la part des choses, selon le patrimoine génétique de la personne. » Les différentes recherches montrent que la prise de la pilule réduit les risques de cancer des ovaires et de l’endomètre.

Une pilule, comment ça marche ?

Le principe est de bloquer l’ovulation et de modifier le mucus du col de l’utérus pour le rendre peu perméable aux spermatozoïdes. Il existe des pilules combinées, qui associent deux hormones proches des hormones naturelles, l’œstrogène et la progestérone, et des pilules progestatives, qui n’utilisent que des progestatifs, mais plus puissants.

Les autres contraceptifs 

- Les méthodes mécaniques : le préservatif, le stérilet, les spermicides, le patch, l’anneau vaginal, l’implant contraceptif, une méthode relativement récente qui consiste à faire placer par le médecin un petit bâtonnet cylindrique sous la peau, au niveau de la face interne du bras, qui libère une hormone bloquant l’ovulation.

- Les méthodes naturelles : 3 % des femmes en âge de procréer dans les pays industrialisés déclarent utiliser une contraception naturelle, basée sur l’observation du cycle féminin : Billings, méthode sympto-thermique ou des appareils évaluant les statistiques de la durée du cycle.