Culture : Les petites mains de l’opéra

Joelle Favre Edith

Après des mois de préparation, le Faust produit par La Fabrique Opéra-Val de Loire promet d’être grandiose. Parmi les encadrants entraînés dans l’aventure : Joëlle Favre, directrice déléguée à la formation professionnelle au lycée Gauguin et chef de travaux.
Propos recueillis par Sébastien Drouet

L’opéra qui sera joué au Zénith en mars est particulier…

C’est un opéra collaboratif. Au lycée Gauguin d’Orléans, nous intervenons avec des élèves des métiers de la mode, bac pro et CAP, pour la fabrication d’une partie des costumes (avec trois autres lycées de la région), les élèves de CAP pressing qui font l’entretien des costumes une fois l’opéra terminé, et les élèves de bac pro services de proximité vie locale, qui vendent les programmes sur place. Nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne, les élèves d’autres établissements de la région (douze, NDLR) travaillent plutôt en amont. Le lycée Charles-Péguy (scénographie) commence un an à l’avance. De notre côté, nous avons débuté en septembre. Nous créons près de 40 costumes.

Ce travail sert-il de support à l’enseignement ?

Oui, les élèves apprennent les compétences du référentiel à travers les costumes réalisés. On ne fait pas un costume pour faire un costume, si cela n’apporte pas à la formation. Les soixante élèves de couture fabriquent les patrons et réalisent les vêtements, les tissus étant fournis par la Fabrique Opéra.

Quel a été le point de départ de l’aventure, pour vous ?

Clément Joubert, le chef d’orchestre, et Jean-Claude Cotillard, metteur en scène à l’époque, sont venus au lycée et nous ont proposé le projet. C’était exceptionnel. On a d’abord dit oui, puis on s’est organisé en conséquence ! En tant que directrice déléguée à la formation professionnelle au lycée Gauguin, je coordonne, je fais le lien entre les enseignants, les élèves, la Fabrique Opéra, je m’occupe des expositions, comme ce fut le cas en septembre 2017 à l’Hôtel Groslot lors des Journées du Patrimoine avec les costumes d’Aïda. De plus, cela sensibilise des élèves qui ne seraient jamais allés à l’opéra. Surtout à des prix attractifs.
Et ils font venir leurs parents, leurs amis…

Qu’en retirez-vous, et qu’en retirent les élèves ?

C’est une belle promotion pour les formations professionnelles du lycée. On montre ce que l’on sait faire. Des jeunes savent que l’on travaille pour la Fabrique Opéra, ça peut motiver. Cela donne aussi des idées à nos élèves pour continuer dans cette filière. De plus, des écoles de mode recrutent des élèves sur book ; cette expérience-là est un plus sur le CV.

Quel spectacle vous a le plus marquée ?

Le premier m’a surprise quand j’ai vu les solistes et les chœurs porter les costumes que je n’avais vus jusqu’alors que sur des cintres. « Ce n’est pas possible que nous ayons fait tout ça ! » (rires).

Faust, de Charles Gounod, au Zénith d’Orléans,
les 22, 23 et 24 mars – Plein tarif : 19 à 59 €
Infos et réservations sur : www.lafabriqueopera-valdeloire.com

Lycée des métiers et des services Paul Gauguin
Journée portes ouvertes le 16 mars de 9h à 12h30