Daniel Guillermin, une carrière en beauté

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Président de Shiseido France depuis plus de 10 ans, Daniel Guillermin est un homme occupé. Mais derrière ses faux airs de Clark Gable, que cache ce sexagénaire influent, aux commandes de la CCI locale depuis janvier dernier ?

 

Pas une seule fois, en une heure et demie de temps, il n’a parlé d’argent. Surprenant, nous direz-vous, venant d’un homme qui gère, sur le territoire français, l’une des plus grandes entreprises de cosmétique au monde. Mais à près de 60 ans, Daniel Guillermin a appris à déléguer à ses comptables, « plus compétents » que lui, dit-il. Ce qui le fascine aujourd’hui, à Shiseido, comme dans le cercle de ses activités annexes, c’est l’Homme sans distinction de sexe. « Mon dada, c’est le management, avoue-t-il. Je me pose sans cesse la question : comment chacun peut-il délivrer le meilleur de lui-même en s’épanouissant, et vice-versa ? » Il a résolu un bout de l’interrogation en rédigeant lui-même un petit carnet résumant les valeurs de son entreprise (créativité, pragmatisme, humanisme et ambition collective), ainsi que les tenants et aboutissants pour mettre ces dernières en œuvre.

 « J’ai besoin de ces femmes remarquables »

Mais dans l’Homme, il y aussi les femmes, dont Daniel Guillermin aime s’entourer. Pour preuve, il va même jusqu’à organiser des déjeuners entre ses deux assistantes, à Shiseido et à la CCI, pour qu’elles puissent coordonner son emploi de temps surchargé : « Moi qui ne range rien, j’ai besoin de ces deux femmes remarquables, avec qui j’ai une vraie complicité. D’ailleurs, neuf fois sur dix, elles savent répondre à ma place ! »

Alors qu’il sera à l’automne l’un des jurés du Trophée des Audacieuses organisé par Edith, Daniel Guillermin évoque aussi de façon tout à fait transparente la place des femmes dans son entreprise. Et apporte un éclairage intéressant : « À Shiseido France, nous avons 70 % de femmes. Je suis un adepte de la diversité : je ne crois pas à un développement harmonieux avec des équipes uniquement féminines ou masculines. Après, le 50-50, pour tout dire, on s’en fiche
un peu… »

En dehors de son cercle professionnel, celui qui reconnaît une certaine admiration pour la « classe naturelle de Christine Lagarde » rend également un hommage appuyé à la mère de ses trois enfants, lesquels peuvent tous les trois se targuer d’avoir intégré des écoles d’ingénieurs (Mines, Arts et Métiers, Centrale). « S’ils ont tous un beau parcours, c’est grâce à Madame qu’ils le doivent. Institutrice, elle leur a donné une certaine méthodologie et leur a donné envie de travailler. Moi, j’ai juste mis un peu de discipline… » Celle-là même qui lui a sans doute permis d’obtenir en avril dernier le prix Nessim-Habif, remis chaque année à un ancien élève des Arts et Métiers qui aura « contribué sensiblement au progrès de l’industrie ». Une (énième) distinction à laquelle Daniel Guillermin se montre pourtant sensible, lui pour qui la reconnaissance passe aussi, dit-il, « par un sourire ». Mais, termine-t-il malicieux, « ce sont les yeux qui disent le plus de choses ». En cette rentrée, les siens ne cessent de regarder l’horizon.

 

Bio express

13 mars 1956 : naissance dans l’Isère

1982 : Directeur d’Unités chez Yves Rocher

Décembre 2000 : Président Directeur Général de Shiseido International France

2013 : nouveau président de la CCI du Loiret