De la Chine à Orléans, Lili Chen

© MZ Moser © MZ Moser

Rencontre avec une triple championne de France ! La catégorie ? Wushu Traditionnel (un art martial chinois) : en Taiji Quan mains nues, Taiji Epée et Taiji Sabre. Originaire de la province de Guizhou, en Chine, Lili Chen est arrivée il y a 27 ans en France, et s’y sent comme un poisson dans l’eau.

 

Qu’est-ce qui vous a amenée en France ?

Ce sont mes études qui m’ont conduite jusqu’ici. Je suis juriste, avec le titre d’avocat en Chine. J’ai aussi une formation scientifique, je suis géophysicienne. Cela m’a amenée, en Chine, à travailler notamment au ministère de la Géologie et des Ressources minières. Je voulais compléter mon parcours par une thèse en droit international à Paris 5. C’était en 1988.

Quatre ans plus tard, mon mari était nommé maître de conférences à l’université d’Orléans.

Comme je ne pouvais pas poursuivre mon métier de juriste, j’ai dû changer d’orientation professionnelle ; j’ai donc commencé à enseigner le chinois, le Taiji Quan et le Qi Gong dans différents organismes et associations. En 1998,
j’ai créé mon association, Bao Yi (www.baoyi.fr), pour transmettre la tradition des grands maîtres chinois.

 

Comment avez-vous vécu ce changement de pays ?

Vous savez, pour aller faire mes études en Chine et pour aller travailler, j’ai traversé tout le pays et j’ai rencontré des gens d’univers très différents. Il m’a donc été très facile de m’adapter. Mes cours m’ont permis de rencontrer des milliers de personnes et d’échanger. Je me sens ambassadrice des valeurs chinoises que je transmets à mes élèves.

J’avoue que nous avions choisi de venir à Orléans à cause de la proximité de Paris, cela nous permettait de pouvoir retourner en Chine plus facilement. Au début, nous allions très régulièrement à Paris pour aller faire des courses dans le 13e arrondissement. Mais au fil du temps, nous en avons eu de moins en moins besoin. Il n’y a pas eu de problèmes d’adaptation. Certainement aussi parce que les Français et les Chinois se ressemblent.

 

En quoi sommes-nous proches ?

La Chine et la France sont de grands pays avec des valeurs, des traditions, une forte culture. Même sur le plan culinaire, on a une diversité incroyable des deux côtés. Si je devais comparer, je dirais que les Allemands ressemblent aux Japonais à cause de leur grande rigueur. Les Chinois et les Français sont pareils, ils sont de nature cool, ils aiment la vie !

 

 

Son conseil beauté : Être bien dans sa tête et bien dans son corps. C’est tout l’enseignement du Qi Gong et du Taichi. Ce n’est pas l’épaisseur de la poudre qui fait la beauté.

 

Elle aime

Lili apprécie particulièrement Saint-Cyr-en-Val et le sud d’Orléans. Elle aime les marchés, surtout en automne, quand on trouve des noix, des champignons… et pouvoir discuter avec les producteurs. Ce sont des gens de la terre.

Elle n’aime pas

Rien, en fait ! Les Français râlent beaucoup mais elle se dit toujours positive. Elle n’utilise pas le mot « agacer » et affiche une éternelle attitude de tolérance.