De toutes les matières, c’est la chimie qu’elle préfère

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La bourse l’Oréal-Unesco pour les femmes et la science a récemment distingué 30 lauréates. Parmi elles, l’Orléanaise Caroline Rossi-Gendron, passionnée de chimie dont elle a fait sa spécialité. « Mon parcours peut servir d’exemple », dit-elle. Car elle a dû se battre pour atteindre ce niveau. Sébastien Drouet

 

Le 8 octobre dernier, au Palais de la Découverte à Paris, 30 jeunes femmes scientifiques, sélectionnées parmi 900 candidates, se sont vu remettre chacune une bourse attribuée par L’Oréal-UNESCO dans le cadre de l’opération Pour les Femmes et la Science. Parmi elles, l’Orléanaise Caroline Rossi-Gendron, 27 ans, doctorante en chimie au laboratoire Pasteur de l’École Normale supérieure (ENS), à Paris. Sa spécialité ? En tissant de l’ADN, elle fabrique des édifices miniatures qui deviendront – c’est le but de sa recherche en tout cas – des machines moléculaires exploitables et contrôlables par la lumière. Une technique qui trouverait son application dans la nanomédecine, par exemple. Inutile de préciser que nous voyageons là dans l’infiniment petit.

La chimie est la grande passion de Caroline. Passion assez partagée par les femmes en général, qui sont loin d’être absentes de la filière comme elles le sont dans d’autres domaines scientifiques et techniques. « Dans mon équipe, nous avons recruté cette année trois doctorantes, indique la jeune femme. Plus généralement, le département de chimie de l’ENS compte beaucoup de doctorantes et post-doctorantes, mais cela concerne la nouvelle génération, pas tellement la précédente. En prépa, nous étions déjà un tiers de filles. »

Pas une surdouée

Avant d’être parisienne, Caroline a été – et se sent toujours – orléanaise. « J’ai été élève au collège d’Olivet, puis au lycée Charles-Péguy, et enfin au lycée Pothier pour ma prépa PCSI/PC (physique-chimie). » Direction ensuite Paris et Normale sup’ pour le master de chimie en 2014, l’agrégation en 2015, et la thèse débutée dans la foulée pour la terminer… une semaine après notre interview !

Et après ? « Grâce à la bourse (15 000 €), je pourrai présenter mes travaux lors de congrès internationaux, rencontrer des chercheurs dans de grands laboratoires pour apprendre des techniques particulières. L’enseignement me tient aussi à cœur ; cela fait partie de mes projets de carrière. » Que l’on pressent brillante, à l’image de la scolarité de Caroline. Celle-ci tient cependant à ne pas être prise pour une surdouée : « Mon parcours peut servir d’exemple. Je ne viens pas d’une famille de scientifiques, j’ai eu la chance d’avoir des profs passionnés, en prépa surtout, qui m’ont transmis l’amour des sciences. J’étais bonne élève, sans être exceptionnelle – j’ai eu le bac S avec mention “bien”. J’ai été recrutée à l’ENS sur dossier, ils m’ont donné ma chance alors que j’avais échoué au concours. Chaque fois, ce furent des combats difficiles. Je ne voulais pas laisser tomber. » Elle ne veut pas abandonner la France non plus. Fille d’un Canadien et d’une Italienne, arrivée en France quand elle avait 4 ans, elle veut rendre à notre pays ce que celui-ci lui a donné… 

 

 

Caroline retourne à l’école
2018-2019 a été décrétée « année de la chimie à l’école ». Jusqu’en juin, Caroline va se déplacer dans différents établissements scolaires en France, de l’école primaire à la prépa, pour parler chimie, recherche, carrière et animer des ateliers. Une opération qui lui tient spécialement à cœur.