Désobéissance

O19

en bref

 

Drame de Sebastián Lelio, avec Rachel Weisz, Rachel McAdams, Alessandro Nivola.
Durée : 1h54
Sortie le 13 juin

 

Le pitch

En partant vivre à Manhattan pour devenir photographe, Ronit Khruska a pris ses distances avec la communauté juive orthodoxe londonienne dans laquelle elle a grandi. Mais quand elle apprend la mort de son père, rabbin, elle décide de rentrer chez elle pour assister aux obsèques. Ronit doit affronter l’hostilité des membres de sa communauté à l’exception de son ami d’enfance Dovid, qui semble heureux de la revoir. Mais elle est surtout bouleversée d’apprendre qu’Esti, dont elle était autrefois secrètement amoureuse, est devenue l’épouse de Dovid. Les retrouvailles entre les deux femmes font renaître une passion qui ne s’est jamais vraiment éteinte…

Le réalisateur

D’origine chilienne, Sebastián Lelio vit à Berlin. Son quatrième long-métrage, Gloria, a été présenté à la Berlinale en 2013 où il a été plébiscité par la critique et le public. Le film a remporté le prix œcuménique et le Gilde Award et a valu un Ours d’argent à la comédienne Paulina García. Par la suite, Gloria a notamment représenté le Chili aux Oscars. Son cinquième film, Une femme fantastique, a été présenté en compétition à Berlin en 2017 et a reçu l’Ours d’argent du meilleur scénario. Consacré Oscar du meilleur film étranger, Une femme fantastique a été sélectionné aux festivals de Telluride, Toronto, et New York.

On retrouvera Sebastián Lelio aux commandes du remake de son propre film, Gloria, qui se situera cette fois à Los Angeles et sera interprété par Julianne Moore dans le rôle-titre.

3 questions à l’actrice principaleet productrice, Rachel Weisz

Qu’est-ce qui vous a intéressée dans ce projet ?
Je cherchais des projets à développer et à produire dans lesquels je pouvais aussi jouer. Désobéissance est l’un des premiers que j’ai trouvé. Il s’agit d’une histoire hors du commun portée par deux personnages féminins extraordinaires. Ce qui m’a vraiment captivée dans le roman, c’est le thème de la transgression transposé dans un monde contemporain où il n’existe presque plus aucun tabou. Le terme de « désobéissance » n’a guère de sens aujourd’hui, à moins de situer l’intrigue dans une communauté comme celle des Juifs orthodoxes du nord de Londres. Si on tombe sur une histoire de transgression se déroulant dans une société très rigide et ultraconservatrice, je pense que l’on peut obtenir à l’arrivée un formidable drame universel dans lequel chacun d’entre nous peut se reconnaître.

Comment s’est déroulée l’adaptation du roman en film ?
Il se sera écoulé environ trois ans entre le moment où j’ai pris une option sur le livre et le début du tournage. J’ai trouvé la collaboration avec Sebastián, qui est arrivé sur le projet six mois plus tard, très exaltante. La transformation du livre en une œuvre distincte, à travers de longues discussions et des réunions d’écriture, m’a semblé être une expérience galvanisante.

Parlez-nous du personnage d’Esti et de votre collaboration avec Rachel McAdams…
Rachel McAdams est une formidable comédienne qui a une palette de jeux très large. Elle a lu le scénario qui l’a beaucoup touchée. Esti est une lesbienne qui a épousé un homme qu’elle estime. Dans sa religion, l’homosexualité est considérée comme un péché, mais elle croit en Dieu, si bien qu’elle a essayé de se racheter en se mariant. Sa décision l’a fait souffrir psychologiquement et le retour de Ronit la pousse à vivre selon ses désirs. Dans le même temps, elle n’a pas le sentiment d’être emprisonnée parce qu’elle éprouve une amitié profonde pour Dovid. C’est un rôle d’une grande complexité et je trouve que Rachel exprime très bien le déchirement et la souffrance qu’éprouve Esti, puis campe magistralement cette femme qui trouve enfin la liberté.