Didier Burban, Révolution de palettes

Didier Burban

Didier Burban © Images Photos Orléans

Ce quadragénaire est parti de rien pour se retrouver, à la tête d’un groupe pesant aujourd’hui plus de 37 M€ de chiffre d’affaires. Un succès qu’il a fallu construire à la force du poignet…

« Attendez-moi deux minutes, je vais dire bonjour à tout le monde. » S’il n’est pas du genre à se faire « enquiquiner », comme il dit, Didier Burban a voulu garder avec ses salariés – plus de 300 sur toute la France – une proximité qui ne se trouve pas forcément à tous les coins de PME. « Mon entreprise, c’est la leur », résume cet homme qui semble ne jamais avoir oublié qu’il venait d’un milieu « très modeste ». Fils de maraîchers nantais devenu patron, il aurait aussi bien pu couper des tranches de jambon ou réparer de la tôle froissée durant toute sa vie. Mais ni l’apprentissage du métier de charcutier ni deux ans passés comme peintre-carossier ne l’auront visiblement transcendé.
Vingt-cinq ans plus tard, il se rappelle ainsi de ce jour qui a tout fait basculer : « J’avais 19 ans. Un soir, après une fête, je ramène un type en voiture ; il me dit qu’il travaille pour une boîte qui récupère des palettes. Peu après, je rencontre son patron et je lui demande s’il embauche. Il me répond : “Non, mais je prends des sous-traitants.” » Quelques jours plus tard, Didier Burban achète sa première camionnette et commence à collecter ces fameuses palettes, qui deviendront un véritable trésor. « Quand j’ai été m’inscrire à la Chambre de métiers, ils m’ont pris pour un extraterrestre. Les premières réunions étaient plutôt…
folkloriques », raconte-t-il aujourd’hui.

 

« Il faut rester humble »

La défi ance générale ne dure pas longtemps. De récupérateur de palettes, Didier Burban devient semi-grossiste, puis grossiste. Désormais, il collecte, récupère, recycle, valorise, conditionne et vend des palettes sur plus de 14 sites en France. Ses services sont, eux, connus dans toute l’Europe. Également fondateur d’un réseau d’une cinquantaine de recycleurs et de fabricants de palettes (ValorPal), il a aussi créé Palet Facility Management, une sorte de « banque de fl ux de palettes » permettant aux « transporteurs de ne plus rouler à vide ». Un « marché colossal, énorme » adossé à un système économisant « plusieurs millions de tonnes de CO2 » à l’année. Son dernier bébé, la création d’un réseau de chaufferies liée aux milliers de tonnes de déchets bois issues de palettes usagées occupe aussi ce patron qui se satisfait d’être le « seul groupe sur le marché à être autonome à 100 % ».

 

« à la Chambre des Métiers, ils m’ont pris pour un extraterrestre »

 

Quand on l’enjoint à regarder derrière lui, Didier Burban sourit : « Je n’ai pas été assez “intelligent” pour rester artisan, surprend-il. Je serais aujourd’hui en vacances la moitié de l’année, j’aurais vécu un bonheur absolu au risque, évidemment, de voir débarquer un ’Burban Bis’… » Au lieu de cela, ce Nantais en perpétuelle phosphorescence a pris le pli du parfait businessman en se montrant pourtant sensible, notamment, aux problématiques de réinsertion. Une dizaine de personnes en « rupture sociale » travaillent ainsi chez lui, aujourd’hui. « Mon entreprise, c’est la leur, dit-il en évoquant l’ensemble de ses salariés. Moi,
j’ai commencé avec 0 centime. Ce que je recherche, c’est la durabilité dans le temps. » Tout cela sans perdre une seconde, évidemment.

 

Bio express

29/11/1965 : naissance à Nantes
1989 : création de Burban Palettes
2013 : création de Palet Facility Management