Du Mexique à la Touraine, Angelika

©Léonard de Serres ©Léonard de Serres

Originaire de Colima, près de Guadalajara, la jeune mexicaine de 28 ans, francophile depuis toujours, a traversé l’Atlantique pour s’installer à Tours, probablement définitivement. Car pour elle, pas question de vivre ailleurs !

Pourquoi vit-elle en Touraine ?

Comme beaucoup, par amour pour un Tourangeau… Mais avant de rencontrer Marc, Angelika a rencontré la France. Un séjour de sept mois, en 2007/2008, pour apprendre la langue : « Je rêvais de ce pays ! Je collectionnais des petites tours Eiffel, je roulais en Peugeot 206… J’ai arrêté mes études de droit à 20 ans, au Mexique, pour venir à Tours. Pour moi, c’était le moment ou jamais. »

Elle apprend la langue de Molière chez « Français à la carte ». Plus tard, elle obtient à l’Université un diplôme de français pour les étrangers. « Après, je suis retournée au Mexique pour terminer mes études, avant de m’installer en Touraine, à Fondettes plus précisément, en 2011. Même si j’adore la France, ce n’est pas évident de tout laisser, de tout recommencer à zéro. »

Comment s’est-elle intégrée ?

Du propre aveu d’Angelika, cela a été compliqué : « Si on arrive directement dans une école ou un travail, ça va, mais moi, j’ai passé un an à la maison. Je me suis sentie isolée. Puis j’ai découvert une association franco-mexicaine à Tours*, en 2012. On se retrouve, on fait des soirées. Ça fait du bien de parler espagnol, mais il nous arrive de parler français entre nous ! »

Les Français et les Mexicains sont-ils proches ?

Les deux pays ont été en conflit sous le Second Empire. Complètement oublié chez nous (même sur Wikipédia…), l’épisode dit du « Sac de Mai » – la bataille de Puebla – est célébré et férié au Mexique, indique Angelika. Et si l’affaire Florence Cassez a refroidi les relations, au point de voir l’année du Mexique en France annulée en 2011, elles se sont considérablement réchauffées depuis la libération de l’ex-prisonnière. « Nos soldats ont même défilé sur les Champs-Élysées le 14 juillet », sourit notre interlocutrice.

ELLE AIME

Le fait que Tours soit une ville à taille humaine. « J’adore traverser la Loire sur le pont Wilson, j’aime le Vieux-Tours. En fait, en tant que passionnée d’histoire, j’aime tout. » Mais aussi les spécialités régionales, à voir – les troglos – ou à déguster. « J’ai amené des rillettes chez moi à Noël, ils ont bien aimé ! »

ELLE N’AIME PAS

« Les pattes de grenouille, je n’en mangerai jamais ! », jure Angelika qui, plus sérieusement, semble ne regretter qu’une chose : les magasins fermés le dimanche. « Chez nous, on fait du shopping ce jour-là. Ce qui m’embête le plus, ce sont les pharmacies fermées. Au Mexique, elles sont ouvertes 24 h/24. »

De son pays, elle a gardé…

La nostalgie de la cuisine : manger à la mexicaine n’est pas facile à Tours, même si l’on peut trouver certains produits dans la grande distribution. Le souvenir du Pacifique, à 20 mn à peine de sa ville natale. « La chaleur me manque. L’hiver, on a 20-25 °C. D’ailleurs, je commence à tousser… »

Association franco-mexicaine de la Touraine – www.mexiqueentouraine.org

Ses adresses :
Le Wazawok, près du Monstre, place du Grand-Marché.
Les 3-Rois, l’un des cafés qui entourent la place Plumereau.