Echange de bons procédés

© Léonard de Serres © Léonard de Serres

Chacun possède en soi une somme de compétences diverses qui peuvent être profitables à tous. Un organisme propose de mettre en relation donneurs et demandeurs de savoir-faire extrêmement divers.

 

Vous connaissez certainement ce proverbe chinois : « Si tu vois un homme qui a faim, donne- lui un poisson : tu le nourriras pour un jour. Mais apprends-lui à pêcher et il se nourrira toute sa vie. » C’est un peu sur ce principe que fonctionne la Ruche aux Savoirs, membre du Réseau d’Échanges Réciproques de Savoirs (RERS) : on n’y donne ni ne reçoit rien de matériel, pas même un coup de main pour terminer un travail précis, mais on apprend aux autres un savoir-faire, une compétence, dans le bénévolat le plus total. On l’échange, en fait, car tel est le but de ce réseau qui existe dans toute la France, et même au niveau international. « Chacun est en capacité d’apprendre pour soi et pour les autres, déclare Bernadette Grange-Arnaud, qui a découvert et rejoint ce groupe en 1999, après avoir repris ses études, à 50 ans. Je n’avais pas fini mon mémoire, mais j’avais récolté de nombreux entretiens. Une personne m’a appris à synthétiser, et j’ai pu terminer mon mémoire. » En échange, elle lui a enseigné l’aquarelle. Langues, cuisine, informatique, mais aussi comment classer ses papiers… tout est possible, dans une certaine limite, la religion et l’ésotérisme étant évidemment laissés de côté. Pour le reste, charge aux animatrices comme Bernadette Grange- Arnaud, psychologue de métier, de déterminer les savoirs de chaque personne désireuse d’intégrer l’association, au cours d’un entretien.

Les liens plutôt que les biens

Une fois les connaissances mises en évidence, il s’agit de déterminer les conditions de l’échange, la manière dont on veut apprendre, ou transmettre, sachant que parfois les personnes ont subi des échecs scolaires et manquent de confiance en elles quand il s’agit de gérer un petit groupe. Mais la reconstruction des individus, par ce biais, fait aussi partie des missions du RERS. Les cours, ou leçons, ou transmissions de savoir-faire ont généralement lieu dans les locaux de la Ruche, hébergée au centre social Équinoxe. Là, chacun donne et reçoit ; « les liens plutôt que les biens », tel est le slogan de la maison qui, avec trente membres actifs, ou plutôt actives – car ce sont surtout des femmes qui en font partie –, est une pierre de plus à l’édifice de cette économie solidaire bien dans l’air du temps. « La gratuité est importante, mais ce n’est pas la motivation principale, poursuit notre interlocutrice. Dans l’intitulé du réseau, c’est le mot “réciproque” qui domine. Il faut mettre les gens en relation. Je joue un rôle de passeuse. Et au bout d’un certain temps, celui ou celle qui a reçu le savoir doit pouvoir le transmettre… » Les séances sont enfin un moyen d’expérimenter quelque chose, de voir si on a les capacités pour assurer un cours. « Moi-même j’anime désormais des stages d’aquarelle, ce que je n’aurais pas fait si je n’étais pas passée par là », confie Bernadette Grange- Arnaud. Un exemple à suivre !

La Ruche aux Savoirs, place du Maréchal Leclerc, 37520 La Riche – 02 47 37 58 88 – www. larucheauxsavoirs.org