Edith’O

Le goût de l’enfance

Des petits écoliers aux princes, il n’y a qu’une page à tourner, celle de l’enfance… C’est à l’heure du goûter que les amitiés et les premiers émois amoureux se créent. C’est là que l’on découvre les partageurs, les généreux, les crâneurs, les fourbes, les rancuniers, les tendres, les timides, les bagarreurs… Il y a ceux qui ne veulent pas partager leur précieux quatre heures – leur maman leur a-t-elle interdit ? Il y a ceux qui préfèrent se rassasier en jouant et qui en oublient leurs gâteaux… Même si les codes changent, selon les époques, la cour de récré offre un formidable aperçu de ce que seront ces enfants une fois adultes. Comme nous, ils s’exclameront en soufflant, le regard en arrière, « à mon époque, ce n’était pas comme ça » !

Ils se souviendront avec émotion des Snap, des tweets et surtout des emojis comme nous nous rappelons avec nostalgie les albums Panini et les tatouages Malabar. Cette fameuse époque que les vieux c… que nous sommes semblent parfois regretter, fait référence à nos premiers pas en société. Ces premiers pas que l’on a faits à l’école, ceux qui nous ont permis de nous sociabiliser.

On dit souvent que les cours de récré sont impitoyables, comparées au monde des adultes.

Mais la différence, c’est que les enfants ne savent pas se taire et qu’ils balancent sans compter tout ce qui leur vient spontanément à l’esprit, « toi t’es pas beau, tu sens mauvais, en plus, tu ne sais même pas la table des 9, et puis ma mère elle m’a dit de pas t’inviter à mon anniversaire, et toc ! ».

Finalement, heureusement que le monde des adultes fait perdre une part de spontanéité qui pourrait donner ça : « Toi t’es vulgaire, tu parles comme une mégère… va donc rejoindre le type là-bas et partez loin, que l’on ne vous revoie plus. » Évidemment, tout cela est trop cruel pour être dit, alors les adultes savent se taire et sourire, ce qui permet d’éviter bien des guerres inutiles.

Gardez le sourire, c’est la rentrée !

Claque !

Il y en a parfois dans la vie qui remettent les choses en place. Je ne parle pas, évidemment, de celles que l’on reçoit d’un conjoint – je pense souvent aux femmes qui subissent ces maltraitances en silence et parfois même dans la culpabilité. J’aimerais leur donner la force de partir, de crier au secours, de composer le 3919, pour sauver leur peau ! Je voudrais aussi leur dire qu’elles ne doivent pas avoir honte de ce que leur fait subir leur bourreau. Je veux parler des claques que la vie nous met presque naturellement, quand on est tout simplement confronté à la réalité, que l’on ne peut plus jouer à faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Parce que, fi nalement, c’est certainement le moyen le plus sûr de se perdre. Il y a des événements heureux et d’autres parfois tragiques qui nous remettent les idées en place. Les émotions les plus fortes nous bouleversent, nous font chavirer, puis elles nous redonnent le goût de l’essentiel. Le mois de mai, c’est le mois pour oublier les contraintes du temps, du temps perdu, du temps qu’il fait… C’est le mois où l’on prend avec gourmandise tous les jours fériés : pas besoin d’être souple pour faire les ponts ! Vivre encore et encore au rythme des plaisirs partagés… Essayez, ce n’est pas si compliqué. Il suffi t d’ouvrir les yeux pour s’abreuver de bonheur : les couleurs du marché, les refl ets du soir sur la Loire, les envolées d’oiseaux, le rire des enfants, le bruit de l’eau des fontaines, celui des glaçons en terrasse et un sourire ; donnez-le ou recevez-le. Un beau sourire qui vous emporte sur un air de printemps, c’est tellement charmant !

Quand le vernis craque…

Sans hésiter, votre copine bimbo vous conseillera de mettre du semi-permanent. C’est vrai qu’il a l’avantage de résister aux chocs du quotidien, sans pour autant être définitif. La petite couche fine et transparente, appliquée sur les façades qui semblaient bien polies, ne suffit pas toujours à faire illusion. Elle ne résiste pas continuellement aux changements, parfois elle craque, devient terne et ainsi trahit la vraie nature de la surface que l’on voulait éclatante. Alors, si vous oubliiez les artifices, qui un jour ou l’autre volent en éclats ! Laissez-vous porter par le printemps, l’occasion d’une belle explosion de couleurs, de saveurs délicieusement retrouvées, dont on se remplit avec plaisir. Les silences de l’hiver font maintenant place aux chants du printemps, ceux des oiseaux, mais aussi des festivals. Les terrasses sont de retour. Le printemps revient doucement. C’est la saison qui redonne vie à nos envies, aux arbres endormis. Vous appréciez le soleil qui traîne avant de se coucher, et ainsi vous offre un peu plus de lumière. Le vert tendre des bourgeons naissants baigne dans la douce lumière printanière. On revit, on se sourit, on virevolte avec bonheur, les émotions les plus simples reviennent tapisser notre quotidien, comme l’annonce de jours heureux. Eh bien maintenant, profitez des beaux jours qui arrivent à grands pas. Vous entendez ? Voilà le printemps.

Avant le printemps

C’est en mars que l’on fête la Journée de la femme, juste avant le retour des beaux jours, comme un signe d’optimisme. L’occasion de regarder en arrière, et surtout de se projeter en avant. Si l’on constate des avancées, on regrette les inégalités persistantes. Pourtant, il y a déjà vingt ans – c’était en 1995 –, 189 gouvernements signaient un programme d’action pour les droits des femmes dans le monde, dans des domaines critiques : la pauvreté, la santé, les conflits armés, l’économie, la vie politique et économique, l’éducation, les violences, les discriminations.

Cette année, à l’occasion de la Journée de la femme, les Nations-Unies ont choisi de travailler sur le thème de l’autonomisation des femmes. Vaste programme, qui a pour objectif d’ouvrir des perspectives dans le quotidien de celles qui n’ont pas encore accès à l’éducation ou aux soins, celles qui n’ont pas droit au principe minimum de respect, ni même à la liberté de s’exprimer, de circuler, celles qui ne disposent pas de leur corps et vivent avec un siècle de retard sur nos sociétés modernes. Doucement, mais sûrement, rien ne les arrêtera dans leur marche vers la liberté.

On veut le croire !

Nous qui vivons dans des sociétés privilégiées, nous devons continuer à avancer au quotidien. Oser ouvrir de nouvelles portes dans nos parcours professionnels, ne pas nous arrêter aux discours pleins de bonnes intentions, mais passer à l’action en se formant pour accéder aux conseils d’administration, en réseautant, en nous rencontrant, en échangeant sur nos expériences, et pourquoi pas en tentant une reconversion professionnelle. Arrêtons de nous limiter, de nous mettre des freins. Préférons agir, et ainsi ouvrons-nous de nouvelles perspectives d’évolution. Le printemps des femmes est peut-être pour bientôt…

L’amour à tout prix ?

Non, l’amour n’a pas de prix. Il ne s’achète pas au marché de la vanité avec des pierres précieuses ou des voyages lointains, sauf s’ils sont immobiles. L’amour se mesure plutôt au souffle qui s’accélère, au grain de peau qui frémit, à la douceur de tous les jours. Il se niche entre des fossettes, sur la buée des lunettes, au détour d’un éclat de rire, au creux d’une voix, au fond des yeux qu’il illumine. De l’aube au crépuscule, il anime nos désirs, occupe nos rêves. Il serait vain de le chercher ou de l’attendre. Il s’invite sans prévenir, sans mobile apparent, il nous enveloppe, nous transporte, nous assomme. Parfois immédiat, ou plus sinueux, construit ou spontané, bref ou de longue durée, il ne connaît ni les bonnes, ni les mauvaises raisons des unions. Au fil des jours, il émiette des petits bonheurs qui font le ciment des couples heureux. L’amour dépasse les maux. Il ne s’énonce pas, il se vit, sans pertes ni profits ; quand on aime, on ne compte pas, sauf sur l’autre, pour tout partager, mêler nos corps et nos esprits. Parfois, tanné par trop de fausses notes et de désaccords, l’amour que l’on croyait absolu devient invisible, il s’enfuit à grands pas sans faire de bruit, en claquant la porte au nez de la médiocrité. Qu’attendons-nous de lui ? Peut-être simplement d’unir nos solitudes pour la vie.