Émilie Robert de Crépy Chambord en partage

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Avec 1 million de visiteurs par an, le château de François Ier figure dans le top 5 des destinations culturelles françaises. Un succès à mettre au crédit d’une équipe de 140 personnes (le double en saison), dont fait partie Émilie Robert de Crépy, pièce essentielle de la transmission de ce majestueux patrimoine.
Sébastien Drouet

À Chambord, il y a le château, d’accord, mais aussi toutes les activités autour : spectacle équestre, dégustations, découverte de la faune, sans oublier les jardins à la française inaugurés en juin 2017 (une nouveauté qui a fait grimper la fréquentation de 27 %), ni le « Noël à Chambord », un vrai pari qui s’est avéré gagnant. « C’est un événement que j’ai créé avec 1 000  de budget la première année », sourit Émilie Robert de Crépy, 38 ans, chargée du développement touristique du site, qui a organisé en décembre dernier son 5e « Noël à Chambord » avec cette fois 80 000 € de budget ! Une satisfaction parmi tant d’autres pour la chef d’équipe (5 commerciales) dont la mission première est d’augmenter la fréquentation du lieu, donc de satisfaire un public extrêmement large, composé de 60 % de Français environ. Ce qui passe par l’organisation d’événements et la création de nouvelles animations, l’idée étant, outre de séduire des nouveaux curieux, de donner envie aux gens de revisiter Chambord, encore et encore. « Souvent, on vient ici quand on est enfant, avec ses grands-parents, puis quand on est grand-parent avec ses petits-enfants. Il y a donc de la place entre les deux périodes. » De l’espace pour attirer de nombreuses « cibles » que sont les amateurs de beauté et d‘histoire : « Nous présentons les choses selon les clientèles, en visant des marchés spécifiques, USA, Chine, Europe. Nous avons élaboré un produit pour chacun. Pour les Chinois, qui ne restent en France que quelques jours, nous avons concocté une visite de 45 minutes par l’intermédiaire d’une tablette. »

« L’impression d’être chez soi »

Le cadre de travail est idéal, et Émilie mesure sa chance, elle qui continue, cinq ans après son arrivée, de photographier un château et des environs qui varient en fonction des saisons. D’ailleurs, la haute va commencer ; pas encore le temps des vacances pour notre interlocutrice, même si le pic de son activité se situe en automne et en hiver, quand il faut « vendre le produit » – car c’en est un – aux tour-opérateurs et aux agences. Une chance, donc, « d’offrir tout cela aux familles, de montrer l’histoire de France de manière ludique et culturelle ». Émilie perçoit un sentiment d’appartenance aussi, grâce auquel « on transmet d’autant mieux ce patrimoine. Et il y règne une sorte de magie. Le soir, quand il n’y a plus personne, on a l’impression d’être chez soi. »

Chambord ne reste pas confit dans le passé : les projets sont nombreux, à commencer par l’anniversaire de la Renaissance, qui va mettre en fête une bonne partie du Val de Loire. Ici, en 2019, cinq cents ans après la pose de la première pierre et la mort de Léonard de Vinci, à qui l’on attribue le fameux escalier à double vis qui ajoute au charme – et au mystère – de l’endroit, « il y aura une très belle exposition et un décor signé Jacques Garcia », promet Émilie. 

www.chambord.org

 

Côté VIP
Si l’anniversaire d’Emmanuel Macron, célébré à Chambord en décembre dernier, a fait couler énormément d’encre, la visite de Kendall Jenner, mannequin de 22 ans, début avril a été suivie par ses innombrables followers sur Instagram. En un temps record, une photo d’elle à cheval devant le monument a été likée 4 millions de fois ! Likée et partagée. Eh oui, c’est cela aussi le partage, en 2018 !