Émilie Tardif, présentatrice de « Tout sur un plateau »

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Journaliste, chef d’édition, animatrice : Émilie, 38 ans le jour de notre venue, concocte presque toute seule (hormis la partie technique, bien sûr) le talk-show quotidien de TV Tours. Chaque journée, vécue à 200 à l’heure, est un défi ! Propos recueillis par Sébastien Drouet

 

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Le réveil sonne. Je me lève en même temps que mon compagnon qui travaille à Paris. Je prends le petit déj avec ma fille, Gabrielle, 13 ans et déjà créatrice d’une start-up. J’écoute France Inter à fond, je scrute les réseaux sociaux, surtout Facebook, je cale déjà des rendez-vous… Mais l’émission que je vais animer ce soir est déjà organisée depuis des semaines. Après ça, je fais du sport : renforcement musculaire avec un coach, ou bien je cours, je nage.

10 h
J’arrive à TV Tours. Jusqu’à 11 h, je débriefe mes mails, la plupart étant des sollicitations pour des sujets. J’en ai déjà reçu une centaine, d’autres vont tomber tout au long de la journée. Je les lis tous. Ceux qui m’intéressent sont transmis à mon assistante stagiaire, qui va caler les rendez-vous. J’aime tout ce que je passe dans l’émission. C’est un talk-show d’infos positives.

11 h
Basile, qui s’occupe du script – c’est lui qui me parle dans l’oreillette pendant l’émission –, me rejoint. On cale parfaitement l’émission du soir, on cherche les illustrations diffusées pendant le direct. Il faut tout faire pour que « Tout sur un plateau » soit le plus pêchu possible. En plus des invités, 34 chroniqueurs participent chaque semaine, chacun, expert en son domaine, étant libre de ses sujets.

Midi
On déjeune sur le pouce entre collègues. Sauf le mercredi, où je vais à la Petite Cuisine, rue Berthelot, avec ma fille. À mon retour, chacun va bosser dans son coin ; j’ai des réunions – je suis aussi déléguée du personnel, je participe à d’autres émissions sur la chaîne – et je continue à recevoir beaucoup de mails…

16 h
Deuxième réunion de préparation avec Basile et mon assistante. On fait la fiche-script de l’émission, le lien entre le plateau et la régie. À la fin, tout est calé, on ne touche plus. Moi je rentre dans le dur : j’écris tout ce que je dois dire, tout ce à quoi je dois penser. J’ai toujours mes fiches.

17 h 30
Tout devient ultra-urgent. J’accueille les invités, je fais les présentations. À 17 h 41, je vais en loge me maquiller et me coiffer, je briefe les chroniqueurs. Puis je sors des loges en courant. Je m’installe, Quentin place mes micros, Jeremy me cadre, je rassure mes invités. C’est ça mon métier : faire accoucher les gens de leur parole. Je les mets à l’aise à ce moment-là, c’est capital. Certains n’ont jamais fait de télé. Mais nous recevons aussi des stars en tournée nationale, et mon défi personnel est de les épater. Oui, on est une télé locale, mais ça tient la route !

17 h 57
J’entends le décompte dans l’oreillette. C’est d’abord le « coming next », l’annonce de l’émission, où j’envoie le plus d’énergie possible, puis la pub, puis TSUP commence. Je suis en mode warrior, avec mon sourire et mon énergie.

18 h 43
L’émission se termine ; j’ai l’impression qu’elle a duré dix minutes. Tout va très vite car il y a le JT juste après, donc on doit quitter le plateau. Je raccompagne les gens, je les rassure sur leur passage, je reviens à mon bureau lire les mails.

Ensuite ? Ce sera concert, musée, théâtre… Avant de finir la journée par un bon dîner, et le truc obligatoire pour m’endormir : je regarde « Faites entrer l’accusé » sur mon ordi. Le générique me berce…