Evelyne Richard, Madame le proviseur

@MZ Moser @MZ Moser

Voici un poste où l’on doit combiner psychologie, organisation, tolérance, autorité… Evelyne Richard, proviseur du lycée Jean-Zay, nous fait partager une de ses journées, rythmée par l’établissement qu’elle dirige depuis 4 ans.

6 h

Réveil. Je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil et j’ai mon logement de fonction au sein de l’établissement. Café à la main, je me tiens au courant de l’actualité sur les sites d’information et les réseaux sociaux. je m’astreins à ce rythme-là dès la mi-août, puisqu’il faut que tout soit prêt pour la rentrée des 1 380 élèves et des 115 enseignants.

8 h

L’ouverture des grilles. Soit je me poste à l’entrée du lycée pour accueillir les élèves, soit je suis auprès des profs, des agents, des CPE. C’est très important d’être au contact. Après, je rentre dans mon bureau et c’est mon agenda qui commande. Ça peut être un rendez-vous avec le Conseil régional en vue de préparer le dialogue de gestion, ou avec des parents d’élèves pour un problème quelconque. Dans ce cas, je dois les recevoir pour les écouter et déminer la situation. Ma formation de psychologue spécialisée dans les sciences de l’éducation et mon expérience (principale de collège et proviseure dans un lycée professionnel notamment) me sont assurément d’une grande utilité.

10 h 30

Après la récré, c’est la réunion de service, une fois par semaine, où l’on se retrouve pour faire le point sur les trois semaines à venir. Il faut aussi bien anticiper la gestion de l’affichage et le planning des salles pour des examens blancs que penser à vérifier les micros de l’amphi pour une conférence à venir.

12 h

Je déjeune souvent au self, avec mes collaborateurs. C’est surtout un moment convivial qui soude et nous permet de décompresser. L’après-midi est consacré aux réunions de travail, comme hier où j’étais avec le Fonds social lycéen. On s’est retrouvé, avec l’assistante sociale, l’infirmière, les CPE, les gestionnaires, pour identifier les élèves qui n’arrivaient pas à régler la restauration scolaire et définir les aides qu’on pouvait leur attribuer.

18 h

Fin des cours, début de ma deuxième journée ! C’est le moment de parapher les documents en interne, répondre aux mails pro, au courrier de demandes et de sollicitations en tous genres. Deux heures de travail administratif en moyenne… s’il n’y a pas de conseil de classe ou de réunions parents-professeurs ! Il peut y avoir également un CA (conseil d’administration), où sont prises toutes les décisions pédagogiques et éducatives, et celles concernant l’organisation matérielle et financière.

20 h

Un CA peut se terminer à plus de 23 h, mais en général, ma journée-type, s’il devait y en avoir une, se termine aux alentours de 20 h. Je retrouve le contexte familial. Mes deux enfants sont grands et ne sont plus à la maison, mais mon mari, fraîchement retraité, m’y attend. Il cuisine très bien et nous apprécions énormément la cuisine libanaise, les mezzés. Avec un petit verre de vin libanais également, c’est un précieux moment d’échanges entre nous. Je ne me couche pas avant 23 h, et jamais sans mon livre !

 

Son secret

Je bloque chaque mercredi à partir de 17 h 30 : aucun rendez-vous, c’est ma soirée, sans mari ni enfants, on se retrouve entre copines, aucune ne fait partie de l’éducation nationale. On ne parle pas de travail. C’est ma bulle d’air essentielle.