Glamour et féminité : face au harcèlement de rue

glamour-edith

Laura (25 ans)

Look : Veste
trois-quarts en laine Merinos naturelle, petits boutons fleur Robe chemise kaki
peau velours boutonnée et doublée Au Renard,
rue Jeanne d’Arc

Juriste de formation, Laura (25 ans) va retenter le barreau cette année. Après avoir envisagé une carrière de magistrat, elle a finalement décidé d’embrasser la profession d’avocate. La jeune femme aime la mode engagée, cela fait deux ans qu’elle n’achète que des vêtements d’occasion (essentiellement sur Vinted) mis à part pour ses sous-vêtements et ses sandales d’été, qui sont neufs.

Elle aime les tenues glamour, mais fait attention à ne pas tomber dans ce qu’elle considère comme too-much : « il faut savoir faire des choix : robe ultra-moulante ou talons, un dos-nu ou un décolleté, un make-up des yeux ou de la bouche. » Laura assume et revendique sa féminité dans ses tenues vestimentaires, qu’aucun comportement déplacé ne pourra remettre en question. Dernièrement, en pleine journée, rue de Bourgogne (devant la Préfecture) un garçon s’est soudainement approché d’elle pour l’enlacer : « tout est allé très vite, j’ai été surprise de le voir arriver vers moi, en fait il était accompagné d’amis, c’était un jeu pour lui, mais ça ne m’a pas fait rire. » Le harcèlement de rue, c’est quotidien : « on m’interpelle comme si j’étais un chien, que je sois en tenue de sport et en baskets ne change rien, je me fais klaxonner. Le plus souvent accoster par des petits groupes, quand je les vois au loin, je regarde par terre pour ne pas croiser leurs regards. » Il y a des rues (comme la rue des Carmes) où elle ne va jamais seule. Les rares fois où Laura a réagi, elle n’était pas seule mais a essuyé des insultes, du type : « sale pute ». Même si elle voit comme un progrès que le harcèlement de rue soit reconnu par le Code pénal, elle doute de l’efficacité de cette loi : « j’ai du mal à imaginer que des femmes vont se rendre au commissariat pour porter plainte. En tout cas, je n’arrêterai pas de mettre des robes et des jupes, c’est mon éducation, ma culture, ma liberté ! »

Propos recueillis par Marie-Zélie Cupillard