Golden girls

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Être indépendante à moins de 26 ans ? Aurélie et Sarah, qui ont ouvert en novembre dernier un salon de coiffure en appartement, l’ont fait. un concept qui plaît aux Orléanaises. La crise ? Connaissent pas !

«On ne compte pas en faire un deuxième. » C’est vrai, ça : qu’on leur laisse donc un peu de temps pour digérer ! Le Salon n°6 d’Aurélie et de Sarah, ouvert depuis novembre, fait à peine ses premiers pas qu’on leur demande déjà de rempiler. « Si on faisait ça, là, c’est sûr qu’on n’aurait plus de vie ! », confient les deux jeunes filles de 25 et 26 ans qui, pour l’instant, arrivent à s’en sortir sans avoir trop d’ampoules au creux des paumes. « Pourtant, on y pense tous les jours, et c’est ça qui fait vivre », clament-elles en chœur.

À voir le sourire ravi qui illumine leur visage, on se dit que leur vie vaut la peine d’être vécue. Leur bonheur irradie et revigore, simple et touchant. Bien sûr, tout n’a pas été facile. À partir du moment où la décision de s’associer a été prise, un soir, autour d’un verre, il a fallu sortir les rames pour mener à bien le projet. Ensuite, la traversée a pris près d’un an : « Cela a été compliqué, oui, mais quand on a confiance, on peut gravir des montagnes, relativisent-elles. Au départ, nous n’avons pas été prises au sérieux par les banques. Coiffeuses, jeunes et femmes : on avait tout bon ! Mais nous avions un dossier en béton, des partenariats et des garanties. On croyait en nous. »

« Un conseil ? Ne pas avoir peur »

L’idée d’ouvrir un salon à elles venait effectivement de loin. « C’est pas que j’aime pas les ordres, mais j’ai du caractère… Et quand j’ai commencé dans le métier, je me suis dit qu’à 25 ans, je créerais ma boîte. Bon, d’accord, j’ai un an de retard… », rigole Aurélie, fille de forains élevée au bon grain de la débrouille et de la persévérance. Elle poursuit : « Nous avons été incitées, aussi : dans mon cercle d’amis, il n’y a que des entrepreneurs ! » Si ceux-ci sont en aussi bonne forme qu’elle, pas étonnant que cela ait été contagieux…

De toutes les façons, réussir n’a jamais été une maladie. Au cas où ça le serait devenu, alors les docteurs conseilleront sans doute à Aurélie et à Sarah de se mettre sérieusement aux antibios ! En effet, depuis deux mois, attirés par la déco cosy et intimiste du Salon n°6, par le talent des deux coiffeuses, et par « l’avantage de ne pas être vu derrière une vitrine », clientes et clients se pressent sous les laques et les ciseaux. Le bouche-à-oreille fonctionne à plein : à ce rythme, leur mise de départ, 30 000 Ä environ, ne devrait pas mettre trois siècles à être remboursée. Dans un an, le duo intègrera une troisième larronne, une esthéticienne en l’occurrence. Quand on se donne les moyens, les rêves ne sont jamais trop grands. λ

Salon n°6,

6, rue Jeanne d’Arc – 02 38 81 93 07

 

Pourquoi pas vous ?

Pourquoi pas vous ? « Jusqu’à 26 ans, on a plein d’aides, encourage Aurélie. Après, c’est râpé ! » Plusieurs organismes, comme Loiret Initiative, Centre Actif, ou la BGE du Loiret, ont notamment permis aux deux associées de mettre sur pied leur projet.