Hélène, créatrice de temps libre

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À 38 ans, Hélène Cotte vient de lancer son activité de « conciergerie » – qui n’a rien à voir avec le gardiennage d’immeuble. Un métier qui peut se résumer ainsi : « Si vous n’avez pas le temps, pas l’envie, ou si vous ne savez pas, nous avons la solution. » À elle donc de gérer la paperasse des entreprises et la logistique du foyer ! Sébastien Drouet

Son parcours
Originaire de la région chartraine, Hélène a étudié le tourisme (BTS) à Caen avant de travailler pour un tour-opérateur spécialiste du Proche et du Moyen-Orient. Une expérience de deux ans qui a aiguisé son sens de l’organisation et de l’improvisation pour faire face à différentes situations, des problèmes de transport par exemple. Elle est embauchée ensuite chez un autre voyagiste, scandinave cette fois : « J’habitais à Tours, je travaillais à Paris, je faisais la navette tous les jours car j’adorais ce métier. Ce fut une école de la rigueur, complémentaire de mon emploi précédent. » La naissance de son premier enfant la fait cependant renoncer au trajet quotidien vers la capitale. Après le congé parental consécutif à la naissance de son deuxième enfant, comme les postes dans le tourisme se raréfient, elle se tourne vers l’assurance, à Tours puis Orléans, où elle exerce dans différentes agences. Elle devient responsable du bureau du Loiret de SMA-Vie (BTP) avant de réfléchir à une nouvelle activité qui lui permettrait de regrouper toutes ses compétences.

Le déclic
« J’avais cette envie de faire quelque chose à mon idée, sans obéir aveuglément à une hiérarchie… Après la naissance de mon troisième enfant, j’ai réfléchi à mes 30 prochaines années professionnelles. » La logistique du foyer et l’assistance administrative pour les entreprises s’imposent quand

elle se rappelle avoir cherché en vain, quelques années auparavant, une aide pour gérer son administratif personnel… La Conciergerie d’Orléans existe quant à elle depuis septembre 2016.

Les aides
La BGE Loiret (02 38 22 20 09), qui accompagne les créateurs et repreneurs d’entreprise, a aidé Hélène à réaliser son étude de marché diffusée sur Facebook. « J’ai reçu 200 réponses de mon cœur de cible, et 65 % des gens étaient intéressés par le concept. » Deux amis interviennent régulièrement dans sa communication (site web, flyers…) : la dessinatrice Ceeloo et le photographe Ludovic Letot, bien connus des lectrices d’Edith, l’une qui la croque, l’autre qui la met en scène chaque mois dans le cadre d’une photo amusante qui nous en apprend un peu plus sur un métier encore méconnu. Nous n’oublierons pas, parmi les aides, celle de son époux Stéphane. « C’est le soutien numéro un, assure Hélène. Quand on se lance dans un tel projet, il faut être deux. »

Les difficultés
Orléans n’est pas Paris, ni même Lyon ou Marseille. Autrement dit, cette activité, qui existe ici depuis fin 2015, n’est pas encore entrée dans les mœurs dans les villes moyennes. « Dans l’assistance aux personnes, il s’agit d’être l’interlocutrice d’un foyer, explique Hélène. Il faut instaurer un climat de confiance, car je vais chez les gens, dans leur sphère privée. » En fait, les difficultés auxquelles se heurte notre entrepreneuse sont de deux ordres : faire connaître sa profession, et inscrire son entreprise dans le paysage local.

infos
www.la-conciergerie-dorleans.fr
Sur Facebook : @laconciergeriedorleans
02 36 11 23 51 – 07 68 86 20 44

 

LES +
Les rencontres enrichissantes, « que je n’aurais jamais faites autrement », indique Hélène.
Un gain en équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
L’élan vers l’engagement dans d’autres associations, comme Voy’Elles.

LES –
Les moments de doute, d’isolement.
Vouloir trop bien faire parfois, « ce qui peut empêcher d’avancer ».