Hiroko, du Japon à la Touraine

© Léonard de Serres © Léonard de Serres

C’est en 1988 que cette grande voyageuse, originaire d’Osaka (2e ville du Japon), a jeté l’ancre à Tours. Animatrice à l’APEJT*, elle encadre des ateliers de cuisine et enseigne sa langue natale aux petits tourangeaux.

 

Quel bon vent vous a menée jusqu’à Tours ?

Je suis d’abord venue en voyage d’affaires à Aix-en-Provence, puisque je travaillais dans le domaine du semi-conducteur à l’époque. J’ai connu mon mari là-bas. Il est ensuite venu travailler à Tours. Nous sommes arrivés en 1988. Ma fi lle avait un an. Mais en arrivant à Aix, je parlais déjà français. J’ai beaucoup voyagé étant petite avec mon père : Allemagne, Belgique, Espagne, Mexique. On revenait régulièrement au Japon, où je suis restée dès l’adolescence.

Quels premiers souvenirs gardez-vous de Tours ?

Je me suis dit que ça devait être un très bon endroit pour parler le français pur, sans accent. Je me suis sentie bien dès le départ. Par exemple, très vite, les gens qui étaient perdus m’ont demandé leur chemin. Ça aide à se sentir intégrée !

Vous enseignez le japonais aux enfants à partir du CP. Sont-ils doués ?

Ceux qui veulent en faire sont déjà très motivés. Ce sont eux qui le demandent, ils sont volontaires. C’est une langue qui s’apprend rapidement, certains disent qu’elle les « détend » parce qu’elle est différente des autres. Cela demande tout de même du travail.

Trois ans et quelques mois après, quel souvenir gardez- vous de Fukushima ?

Sur le coup, je n’avais pas de famille dans cette région, donc pas d’inquiétude pour des proches. C’est après que les répercussions se sont fait sentir. Au Japon, c’est devenu un sujet tabou. Moi, je suis sceptique sur l’avenir… Haruki Murakami a écrit un article sur ce sujet. Il dit que ce deuxième plus grand sinistre nucléaire de l’histoire provient d’une erreur que nous, Japonais, avons commise, « de nos propres mains, qui ont souillé notre terre et détruit notre propre vie ».

Votre pays vous manque ?

Non, grâce à Internet, au téléphone illimité, aux billets d’avion pas chers. Ce qui me manque ici, ce sont les toilettes dans les grands magasins. En France, il n’y en a pas. Au Japon, il y en a partout.

Qu’aimez-vous en Touraine ?

La saison des fraises ! Je vais en cueillir au domaine de Chatenay, à Tours-Nord. J’aime aussi aller sur le marché ; nous en avons de très beaux à Tours. Et le vouvray ! J’en emporte tout le temps au Japon, avec des fromages de chèvre de la région. Ça fait plaisir aux Japonais… Eux, quand ils viennent en Touraine, c’est Chenonceau qui les intéresse avant tout. Et Villandry pour les jardins. Mais Chenonceau, c’est, après Versailles, le château qu’il faut visiter pour les Japonais.

*Association Pour l’Enseignement du Japonais en Touraine : http://apejt.free.fr

SES ADRESSES PREFEREES

Coop Nature, où je retrouve tous les aliments de base pour faire de la cuisine japonaise : le riz, le vinaigre de riz, le miso (pâte de soja fermentée), les graines de sésame…
Nobuki, près de la Préfecture : un vrai restaurant japonais ! Zen aussi, près de la gare, est très bien… Et enfin, comme j’aime bien bouger mon corps, je passe ma moitié de mon temps au club de sport
Aqua Gym (quartier Febvotte). Ensuite, je suis détendue comme après un bain japonais !