Infirmières de nuit : ces héroïnes du quotidien

Heroines

Ces deux jeunes mamans s’activent pour le bien-être de leurs patients. Immersion de ces héroïnes du quotidien.

Leur service commence un peu avant 20 heures. Elles enfilent leur blouse et c’est parti pour 12 heures de travail intense. Leur métier, elles l’ont choisi. Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, travailler de nuit n’a pas que des inconvénients.

Des mamans comblées

Si, pour la majorité des personnes, travailler la nuit est synonyme de calvaire, pour nos deux jeunes mamans, cela comporte de nombreux avantages. « Mon fils a 1 an. Il va à la crèche seulement 6 à 8 jours par mois. Le reste du temps, je le garde. Je réalise à quel point j’ai de la chance par rapport à une maman aux horaires classiques », nous livre Élodie. De son côté, Lucile aussi a trouvé un équilibre entre son métier et sa vie de maman : « J’ai 3 enfants de 6, 5 et 2 ans. Je suis en congé parental à mi-temps depuis l’arrivée de mon petit dernier. Dorénavant, je travaille de nuit, car, depuis que mon mari a repris des études, l’emploi du temps est plus facile à gérer. » En plus de pouvoir consacrer une part importante de leur temps à leurs enfants, nos deux infirmières bénéficient également d’une semaine de repos bien méritée. « Lorsqu’on travaille de nuit, nous avons une semaine de repos toutes les 5 semaines. Cela nous facilite la prise de certains rendez-vous administratifs ou médicaux. Nous sommes disponibles en journée et toute une semaine. »

Depuis toute petite, je rêvais d’être infirmière. Ce métier me correspond parfaitement.

Un rythme de vie décalé

Cependant, malgré leurs nombreux avantages, Lucile et Élodie admettent que leur rythme de vie n’est pas tout à fait comme les autres. Elles dorment évidemment la journée et, quand cela n’est pas possible, elles s’accordent volontiers une petite sieste de quelques heures. De plus, leur vie sociale se trouve quelque peu chamboulée à cause de leur travail de nuit : « Ce n’est pas toujours évident de trouver un moment pour aller boire un verre avec ses amis. Surtout en travaillant un week-end sur deux et en se reposant la journée. Mais on y arrive ! Je pense que c’est surtout dû au métier d’infirmière. Finalement, le plus gros “piège” du travail de nuit, c’est de penser qu’on a la journée pour pouvoir faire des choses comme faire les courses, aller voir des amis, etc., car à ce rythme, la fatigue nous rattrape et le corps ne suit plus. Et on se retrouve vite épuisée. »

Un métier passion

Malgré ces quelques inconvénients, les deux jeunes femmes aiment leur métier. Une fois son diplôme en poche, Élodie nous avoue qu’elle n’a pas eu d’autres choix que de travailler de nuit. Et même si cela lui a été imposé, elle s’en est très vite accommodée. « Depuis toute petite, je rêvais d’être infirmière. Ce métier me correspond parfaitement. Et finalement, avec tous les avantages que j’ai à travailler de nuit, je ne regrette rien. » Ce qu’Élodie et Lucile aiment dans leur métier, c’est avant tout s’occuper de leurs patients. Chaque nuit, elles ont à charge 14 à 20 personnes. Ce qui représente une énorme masse de travail. « C’est frustrant parfois, notamment le matin. Nous passons dans les chambres de chaque patient. Nous leur demandons s’ils ont passé une bonne nuit. S’ils nous répondent que non, nous n’avons pas le temps de les aider et de les accompagner. Ils devront en parler à l’infirmière de jour. C’est vraiment très décevant, et pour nous et pour le patient. » Elles nous expliquent qu’être infirmière de nuit, c’est aussi plus d’indépendance. « La nuit, il n’y a pas de cadre ou de médecin à la clinique. Nous ne pouvons pas faire appel à eux à la moindre interrogation, si notre question n’est pas vitale. » Une infirmière de nuit se doit donc de travailler en autonomie, même si elle peut compter sur ses collègues. La solidarité est très importante. « Il y a un véritable travail d’équipe la nuit. On se partage les tâches sans différence. C’est vraiment très agréable de travailler dans ce cadre-là », concluent les deux jeunes femmes.

Audrey Bouts