« J’ai compris ici ce qu’était la fraternité »

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Le « vivre ensemble » n’est pas qu’un slogan pour Marie-Sylvie, qui a rejoint le Secours catholique il y a deux ans pour continuer d’être utile pendant sa retraite. En ce moment, l’ancienne infirmière psychiatrique commence à penser au repas de Noël, très attendu par les personnes accueillies rue des Murlins. Sébastien Drouet

Le bâtiment de la rue des Murlins abrite différents espaces du Secours catholique, mais c’est à l’accueil de jour que s’active Marie-Sylvie Nerault, bénévole depuis deux ans. « J’ai été infirmière psychiatrique pendant trente-cinq ans à Daumezon, rappelle-t-elle. Au moment de la retraite, j’ai eu besoin de m’engager comme bénévole, pour le côté relationnel. » Et c’est au Forum des associations qu’elle a vraiment découvert cet organisme qu’elle ne connaissait que de nom. À l’accueil, dont elle prend le chemin deux fois par semaine – le lieu est ouvert quotidiennement –, Marie-Sylvie retrouve ses « collègues », au sein d’une équipe qui compte aujourd’hui une vingtaine de membres, surtout des femmes : « Nous ouvrons les portes à 9 h, parfois un peu avant car il y a déjà des gens qui attendent… »

40 à 50 personnes, anonymes, de toutes origines et de toutes confessions, viennent passer la matinée ici, autour d’un petit déjeuner, après une douche si elles veulent. Mais l’accueil de jour est un endroit où les « accueillis » trouvent, surtout, chaleur humaine et réconfort. « Il n’y a pas de barrière entre nous, apprécie Marie-Sylvie. Chacun est considéré sans la moindre hiérarchie, on ne sait pas qui est qui. Des accueillis sont même devenus bénévoles. C’est ça qui me plaît, le partage, l’ouverture. J’ai compris ici ce qu’était la fraternité. »

De la considération

Les membres de l’équipe doivent souvent faire face à des situations évidemment difficiles, parfois dramatiques, émouvantes. Dans ces cas-là, Marie-Sylvie a gardé quelques réflexes de son ancien métier, une carapace, un certain sang-froid, mais elle a aussi quelques petits « trucs » pour mettre en confiance : « Il m’est arrivé d’aller vers quelqu’un, d’entamer la conversation très simplement, pour qu’il me raconte sa vie. Les gens ont besoin de parler, d’être écoutés. Ils ne viennent pas que pour le café et la douche. Nous les accompagnons pour qu’ils essaient de s’en sortir. » Malheureusement, il y a plus d’« entrants » que de « sortants ». Certaines personnes reviennent chaque jour, pendant des semaines, des mois, jusqu’à 11 h 30, heure à laquelle le relais est passé… au Relais orléanais, justement.

À partir de là, elles vont essayer de trouver un endroit pour passer la prochaine nuit au chaud, sans aucune garantie de succès…

Mais une parenthèse de douceur va s’ouvrir pour Noël ; juste avant les vacances, vers le 20 décembre, l’accueil de jour du 48 de la rue des Murlins mettra les petits plats dans les grands : pas de petit déj’, mais un repas de Noël concocté par un cuisinier, bénévole lui aussi, et une messe à 11 h, comme à Pâques (l’office avait été célébré par l’évêque en personne). « Tout le monde attend ce moment avec impatience », sourit Marie-Sylvie.

Infos loiret.secours-catholique.org
Accueil de jour : 48, rue des Murlins 02 38 54 89 53