Julie en voit de toutes les couleurs

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« Couleurs et ambiances d’autrefois », à Beaugency, regroupe deux activités : création et relooking de meubles d’une part, création textile de l’autre. Dans ce dernier cas, Julie Favraud utilise et réalise des teintures végétales. Pour être pleinement en accord avec ses principes. Sébastien Drouet

 

Son parcours

Parisienne d’origine, Julie, après une maîtrise de psycho, a obtenu en 2005 à la Sorbonne un double DESS en sociologie spécialisée ressources humaines (RH) et en communication interne. Ensuite, elle a logiquement œuvré dans le domaine des ressources humaines (conseil en carrière, recrutement), avant d’occuper le poste de responsable RH dans une grande entreprise de la région d’Orléans où elle a travaillé pendant huit ans. Elle a saisi l’opportunité de partir en 2014, à 37 ans.

Le déclic

« Je ne me sentais plus à ma place dans le monde de l’entreprise, dit-elle. Je n’avais pas la possibilité de pratiquer mon métier comme il faut. » À la faveur d’une rupture conventionnelle, voici donc Julie libre. Mais pour faire quoi ? « J’avais toujours eu envie de créer quelque chose sans savoir quoi exactement. Je me suis naturellement tournée vers mes loisirs : la création et le relooking de meubles, et la création textile. » En creusant, elle découvre les teintures végétales, qui sont désormais sa spécialité. Teintures naturelles, écologiques (« J’ai toujours eu la fibre écolo ! »), qu’elle appose sur des écharpes, des coussins. Pour maîtriser la chose, elle a suivi de nombreuses formations (textile, couture, feutrage), autofinancées ou grâce aux aides réservées aux artisans. Ce qu’elle est depuis un an.

Les difficultés

« La première, c’est communiquer, insiste Julie. C’est indispensable pour développer son entreprise, mais en tant qu’indépendant, c’est du temps qu’on ne se donne pas. » Car il y a toujours plus urgent à faire : l’approvisionnement en matériel et matériaux, la production évidemment, les ventes, la présence sur les salons – importante pour se montrer, rencontrer des gens, pas tellement pour faire fortune directement. Et on ne parle pas de la vie familiale, avec de jeunes enfants à la maison…

Les aides

Grâce à son départ en bons termes de la « grande entreprise orléanaise », Julie a bénéficié par la suite de l’aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise (Accre), qui garantit des charges réduites durant les trois premières années de l’activité. Et puisqu’elle cotise depuis son installation, elle peut suivre des formations financées. Instructives à plusieurs titres, par leurs contenus d’abord, mais aussi par les échanges qui se créent entre stagiaires. 

19, avenue de Vendôme à Beaugency – 06 18 56 38 80
www.couleursambiances.com

 

 

LES +

• Le fait d’être son propre chef, de s’organiser comme bon nous semble. « Surtout dans un domaine de création », souligne notre interlocutrice. 

 

LES -

• Difficile au départ de trouver le modèle économique ; « Il faut équilibrer l’activité meubles, qui marche très bien, avec celle du textile, qui nécessite plus de communication », dit Julie.

• Être seule (elle était auparavant à la tête d’une équipe de 15 personnes). « C’est pour cela que j’ai développé mon réseau pro. On se passe des coups de fil, je contacte mes anciens formateurs… » Conseil à suivre !