Katharina, une allemande à Bordeaux

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Originaire de Karlsruhe, une ville allemande située non loin de la frontière avec la France, Katharina Schafer a récemment choisi de s’installer à Bordeaux. Un vrai choix de coeur.

 

Depuis quand vivez-vous à Bordeaux ?

Je suis arrivée l’été dernier, cela fait moins d’un an !

Qu’est-ce qui vous a amené ici ?

Il y a cinq ans, j’ai commencé une formation en médecine traditionnelle chinoise à Bordeaux. Je viens régulièrement ici depuis plusieurs années. Au fi l des séjours, la ville m’est apparue comme une bonne alternative après dix ans de vie parisienne. Avec mon compagnon et nos enfants, nous avions envie de changement. Je voulais notamment vivre dans un lieu où je pourrais communiquer davantage avec la nature.

Qu’appréciez-vous particulièrement ?

J’apprécie la lumière, qui est exceptionnelle, et le ciel bordelais. J’aime le côté médiéval du centre-ville de Bordeaux avec ses vieilles pierres et ses rues pavées. J’aime aussi beaucoup la proximité avec la mer.

Qu’est-ce qui vous a étonnée à votre arrivée en France ?

Le domaine de la médecine alternative est extrêmement cloisonné et compliqué en France. En Allemagne, non seulement la médecine alternative a une place à part entière mais en plus il y a des ponts entre thérapeutique conventionnelle et alternative. Ici, on peut faire des ponts, mais sans dire qu’on le fait…

Vous exercez la médecine chinoise ici, à Bordeaux ?

Oui, j’ai ouvert mon cabinet à Bordeaux peu de temps après m’être installée. Etant kinésithérapeute à la base, je travaille la médecine traditionnelle chinoise essentiellement en acupressure, c’est-à-dire en traitement manuel. Je dispense aussi des cours de Qi Gong, une pédagogie sensorielle et énergétique qui permet de développer la conscience du corps qui est connue comme une « gymnastique chinoise de longévité ». Je fais de la kinésithérapie chinoise, en quelque sorte !

Y a-t-il des choses que vous aimeriez importer de votre pays natal ?

Le système scolaire allemand qui me semble plus humaniste, moins élitiste. D’ailleurs, je travaille en ce moment sur un projet de groupe parents – jeunes enfants qui repose sur la pensée d’Emmi Pikler, une pédagogue autrichienne. C’est un dispositif dans lequel les enfants peuvent prendre leur temps pour chercher, expérimenter, afi n de développer leur propre potentiel, sous le regard bienveillant des parents. En France, le système me semble normatif et les choses vont parfois très (trop) vite. Une autre chose qui me manque, c’est le côté écolo qui est bien plus marqué en Allemagne qu’en France. Mais au moins, à Bordeaux, les gens font l’effort de se déplacer à vélo. Ça me rappelle mon pays et c’est bien agréable !

Ses lieux préférés : Son jardin, dans lequel elle se sent bien – Le Santosha, place Fernand Lafargue, une cantine asiatique agréable – Le marché des Capucins, un voyage au coeur de la ville