La vie, jusqu’au bout

© Léonard de Serres © Léonard de Serres

Accompagner les personnes en fin de vie, telle est la raison d’être de l’association Jalmalv, en recherche active de bénévoles fortement motivés. À l’issue d’une formation solide, ces derniers accompliront des missions réclamant écoute et empathie.

 

Connaissez-vous Jalmalv ? Peut-être pas : l’association, dont l’acronyme signifie « Jusqu’À La Mort Accompagner La Vie », souffre d’un déficit de reconnaissance, et rencontre des difficultés pour recruter des bénévoles. Il est vrai que l’époque est davantage au repli sur soi et à la réalisation personnelle qu’à l’écoute et aux moments passés près des autres. Surtout lorsqu’il s’agit de leurs derniers instants… Car le « public » de Jalmalv, structure nationale d’intérêt public, déclinée à Tours depuis 1987, est composé de personnes en fin de vie*.

La quinzaine de bénévoles – rejoints par des membres de Vierzon, Bourges et Issoudun –, en majorité des femmes, se partagent entre l’USP de Luynes, le Pôle santé Vinci, à Bretonneau (en pneumologie et hémato-oncologie), et le Grand-Chêne, ainsi qu’à domicile. Leur mission : une fois par semaine, rendre visite aux personnes proches de la mort, créer un lien en gardant une juste distance, leur faire comprendre que la société ne les a pas oubliées, qu’elles sont toujours vivantes. « Nous sommes là pour écouter un homme ou une femme qui va parler d’un sujet, explique Dominique Le Briquer, présidente de Jalmalv-Touraine. On reçoit le témoignage de sa vie. Mais les réactions sont très différentes : certaines personnes sont dans l’acceptation, d’autres dans le déni. Elles sont fragiles, on ne peut pas faire n’importe quoi…»

 

Formation rigoureuse

Les qualités demandées aux accompagnants sont avant tout l’écoute, l’humanité, l’empathie. Un moral à toute épreuve est lui aussi grandement requis. Rappelons une évidence : tout le monde ne meurt pas à 90 ans passés, autrement dit, il s’agit de rendre visite à des gens de tous âges. Dans ces conditions, pas question de laisser partir les bénévoles sans une solide formation au préalable. Celle-ci est assurée au local de Tours, où le bénévole a rendez-vous un samedi par mois pour valider, les uns après les autres, huit modules, sous la conduite de médecins, psychologues et d’autres bénévoles. « À l’issue de la formation, les gens sont envoyés, avec des membres aguerris, vers les unités de Luynes et du Pôle Vinci », poursuit la responsable. Chaque mois, un groupe de parole est organisé pour évacuer ce que l’on porte et qui peut parfois être lourd… Certains bénévoles abandonnent d’ailleurs en cours de route. C’est pourquoi il est bien spécifié dès le départ qu’il s’agit d’un engagement, et que des gens vous attendent ! « Les motivations de celles et ceux qui nous rejoignent varient, précise Dominique Le Briquer. Parfois, c’est pour rendre ce qui a été donné à un proche. D’autres ont déjà accompagné quelqu’un chez eux, ou bien ils n’ont justement pas pu le faire. Mais cela peut aussi être un enrichissement personnel : on relativise, on apprend ce qui est important et ce qui ne l’est pas… ».

* Jalmalv vient de lancer aussi l’accompagnement des personnes en deuil.

Jalmalv-Touraine, 1 rue du général de Witkowski, 37000 Tours
02 47 39 64 30  – www.jalmalv-touraine.com   – jalmalv.touraine1@orange.fr   et sur facebook.

 

Question sensible

Fidèle à ses principes, Dominique Le Briquer s’oppose à l’euthanasie et au suicide assisté. « Ce ne sont pas les bonnes réponses, déclare-t-elle. Est-ce que les gens veulent vraiment la mort ? Non, ils ne veulent pas avoir mal, ni faim, ni soif. En fin de vie, ce n’est pas le cas ; il suffit de soulager la douleur. La vie vaut la peine d’être vécue jusqu’à la fin. »