L’amour à tout prix ?

Non, l’amour n’a pas de prix. Il ne s’achète pas au marché de la vanité avec des pierres précieuses ou des voyages lointains, sauf s’ils sont immobiles. L’amour se mesure plutôt au souffle qui s’accélère, au grain de peau qui frémit, à la douceur de tous les jours. Il se niche entre des fossettes, sur la buée des lunettes, au détour d’un éclat de rire, au creux d’une voix, au fond des yeux qu’il illumine. De l’aube au crépuscule, il anime nos désirs, occupe nos rêves. Il serait vain de le chercher ou de l’attendre. Il s’invite sans prévenir, sans mobile apparent, il nous enveloppe, nous transporte, nous assomme. Parfois immédiat, ou plus sinueux, construit ou spontané, bref ou de longue durée, il ne connaît ni les bonnes, ni les mauvaises raisons des unions. Au fil des jours, il émiette des petits bonheurs qui font le ciment des couples heureux. L’amour dépasse les maux. Il ne s’énonce pas, il se vit, sans pertes ni profits ; quand on aime, on ne compte pas, sauf sur l’autre, pour tout partager, mêler nos corps et nos esprits. Parfois, tanné par trop de fausses notes et de désaccords, l’amour que l’on croyait absolu devient invisible, il s’enfuit à grands pas sans faire de bruit, en claquant la porte au nez de la médiocrité. Qu’attendons-nous de lui ? Peut-être simplement d’unir nos solitudes pour la vie.