L’amour, toujours l’amour… Oui, mais lequel ?

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Nous aurions pu débuter ce dossier par une citation, un extrait de chanson avec le mot « amour » dedans. Mais que choisir ? Des chansons d’amour, il n’y a (presque) que ça ! L’amour, c’est la grande affaire de la vie. Mais de quel amour parle-t-on ? Celui pour son compagnon, sa compagne ? Celui pour ses enfants, ses parents ? L’amour platonique ? L’amour de soi ?
EH OUI, l’amour est pluriel ! Sébastien Drouet

 

 » Sous le nom d’amour, on peut comprendre toutes les passions expansives qui portent l’homme (ou la femme, ndlr) hors de lui-même (d’elle-même), lui créent un but, des objets supérieurs à sa vie propre, le (la) font exister dans autrui, ou pour autrui », écrivait en 1819 le philosophe Maine de Biran dans son Journal. Ce profond rapport à l’autre, quel qu’il soit pourvu qu’il compte vraiment, c’est bien ce qui fait toute la particularité de l’amour. « L’amour, selon moi, est lié au respect inconditionnel de la liberté d’autrui », nous disait récemment Élise, lectrice d’Edith. L’autre, oui, mais qui ? Son compagnon, sa compagne, ses enfants, ses parents, son meilleur ami ? Quelles sont les différentes formes d’amour possibles ?

Et pour commencer… qu’est-ce que l’amour ?

Un seul être vous manque

« L’amour, roi et reine des sentiments, est un état unique de l’être humain, écrit la neurobiologiste Lucy Vincent dans son best-seller L’amour de A à XY. Il va avec le bonheur absolu, la souffrance meurtrière, le don de soi réciproque et jusqu’à la mort, la dévotion et la négation de soi, la perte des repères et le bouleversement de tous les plans de vie. » C’est lui, on l’a reconnu ! Le grand, le bel amour qui fait perdre les pédales, celui à qui s’applique magnifiquement ce vers de Lamartine : « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! » Le manque, symptôme de l’amour. Vous souffrez de l’absence d’une personne ? Pas de doute, vous l’aimez. Reste à savoir comment, et jusqu’à quel point…

Mais trêve de romantisme (pour le moment). L’amour est aussi une chose sérieuse.

Lorsqu’il est vécu par un couple d’adultes, c’est la condition de notre existence, assure Lucy Vincent. Il est l’outil qui permet de veiller, de manière constante et dévouée, sur l’enfant mis au monde. La naissance de l’enfant est d’ailleurs l’étape ultime du processus amoureux. Car mine de rien, tous ces regards entre adultes consentants, ces petits mots, ces rendez-vous, et plus si affinités, ne tendent que vers un seul but (même inconscient) : perpétuer l’espèce humaine.

Des sentiments parfois exacerbés

L’amour, c’est aussi une question de sentiments. Par-delà cette évidence, on trouve des enseignements plus intéressants : les sentiments, explique la spécialiste dans son ouvrage de référence, c’est ce qui trie les informations, motive nos actes, nous éloigne des dangers. C’est ce qui attire l’attention, appelle à l’action, envoie des alertes. C’est tout cela, les sentiments ; cela part de la faim, de la soif, et va jusqu’à la peur, l’anxiété, la colère, le mépris… et l’amour, donc !

Sa puissance est étonnante, quand on y réfléchit. L’amour que nous qualifierons de « classique », entre deux adultes, nous rend capables et coupables de crises d’hystérie, de torrents de larmes, d’extase aussi, heureusement, ou encore de jalousie pouvant entraîner la mort. Rappelons que jusqu’en 1975, le crime passionnel était considéré comme une circonstance atténuante.

Depuis 1994, c’est plutôt une circonstance aggravante…