L’argent de poche un premier pas vers l’autonomie ?

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À l’époque où les banques courtisent les jeunes de plus en plus tôt, comment gérer les relations des plus jeunes avec l’argent. Combien ? Quand ? Pourquoi ? En matière d’argent de poche, les questions 
sont nombreuses.
« C’est avant tout un outil éducatif ». Le Docteur Antoine Branchu, pédopsychiatre à Saint-Jean-le-Blanc, préfère donner une ligne directive. « Il n’y a pas de règle générale sur l’argent de poche. Ce qu’il faut surtout garder en tête, c’est que ce n’est pas une carotte ; il vaut mieux éviter de s’en servir pour punir l’enfant ou pour le motiver à l’école. Le but est avant tout de lui apprendre à gérer un budget. » Et ça, pour Valérie, maman de Charlotte, 13 ans, et d’un adolescent, Antoine, 17 ans, c’est aussi un principe : « Je ne verse pas de l’argent de poche au mérite. Si je dois punir, je ne prive pas de son budget hebdomadaire. Ça ne passe pas par là. » Pour l’instant, seul le « grand » reçoit en guise d’argent de poche 10 euros toutes les semaines. Valérie a commencé à lui donner lors de son entrée au lycée. « C’est là qu’on commence à être un peu plus indépendant, ça me semblait bien de lui apprendre à gérer un budget. Il ne m’a pas demandé, ça nous a semblé normal. » Pourtant, pour le Docteur Branchu, il ne faut pas hésiter à donner bien avant le lycée. Il explique ainsi qu’à 16-17 ans le budget peut déjà être assez conséquent pour gérer plus de choses, comme la facture de téléphone. « À mon sens, commencer à verser un petit peu à partir de 8 ans est une bonne chose. Avant, l’enfant n’a pas la notion de l’argent. Mais dès cet âge-là, il peut apprendre à arbitrer et à gérer un budget. »

L’argent de poche, une liberté surveillée

Avoir un budget, OK. Mais pour en faire quoi ? Eh bien, ce qu’on veut, pour le pédopsychiatre. Le Docteur Branchu met d’ailleurs un point d’honneur à cette liberté. Tout comme Valérie. « Il en fait ce qu’il veut, il est libre d’acheter ce que bon lui semble. Je le laisse faire. Pour l’instant, c’est surtout pour acheter des cigarettes, même s’il en connaît les risques… » Ne pas intervenir est une chose, cependant il est tout aussi nécessaire de savoir parler à son enfant, de lui expliquer comment on gère son argent de poche et pourquoi. Cela dépend donc de vous, parents, de l’éducation que vous donnez, de votre capacité à dire non quand votre adolescent demande une rallonge. Valérie reconnaît qu’il lui arrive de rajouter pour des raisons exceptionnelles. « Parfois, c’est moi qui lui propose. Soit il a la franchise de dire “Non, c’est bon”, soit il accepte. » L’argent de poche n’est donc pas qu’une question de budget, mais aussi d’éducation, de mode de vie et de valeur. Ainsi, Valérie affirme déjà qu’elle donnera à sa petite Charlotte comme à son aîné Antoine ; 10 euros par semaine dès l’entrée au lycée. « Et si elle ne fume pas, ça sera tant mieux. »