Le meunier ne dort pas

© Léonard de Serres © Léonard de Serres

À force de travail, le fromager de 39 ans, initiateur du Mondial du Fromage (7-9 juin au Vinci), est devenu une pointure internationale
dans son domaine.

 

Pas facile d’interviewer pendant une heure l’un des fleurons de la gastronomie française, option « fromage » : demandé partout, l’hyperactif Rodolphe Le Meunier va, court, vole de producteurs en salons, de séminaires en clients, de l’Europe à l’Océanie. C’est qu’il a bien grandi, le petit fromager de La Croix-en-Touraine, héritier d’une tradition familiale : sa grand-mère était éleveuse de chèvres et faisait des fromages à Civray, son père a pris la suite, tandis que lui travaille à présent avec sa sœur Caroline, qui s’occupe du magasin des Halles et de la partie administrative de l’entreprise. Pas une mince affaire, tant la marque « Le Meunier » s’est développée vitesse grand V depuis quelques années. « Je vais chez les producteurs, explique Rodolphe, je choisis les fromages, je m’occupe de l’affinage, je joue sur les goûts et les textures pour, au final, faire plaisir aux clients des marchés, des restaurants, grands ou moins grands, des détaillants, des grandes surfaces… et des points de vente à l’étranger. » Car on trouve du fromage Rodolphe Le Meunier dans les plus grandes villes américaines, mais aussi en Australie, au Japon, où il se rend régulièrement… Le changement de dimension date de 2007 : en l’espace de deux mois, Rodolphe Le Meunier, jeune homme ambitieux qui cherchait alors une nouvelle motivation, devenait Meilleur Ouvrier de France dans son domaine et champion du monde des fromagers. « Quand on gagne ce titre à 60 ans, ça couronne une carrière. À 30 ans, ça la lance. » Depuis, il est solidement installé sur orbite.

 

Sa citation

« Trouver le bon fromage pour la bonne personne. »

 

Sa définition du métier

« Trouver le bon fromage pour la bonne personne. »

 

Et l’avenir ?

« Il y a 60 ans, c’était l’âge d’or de la cuisine. Puis, il y a eu celui de la pâtisserie, et du vin. Aujourd’hui, nous connaissons l’âge d’or du fromage. Je suis dans le bon métier au bon moment. Le monde entier se rend compte du plaisir que ce produit peut apporter. Le fromage a beaucoup d’avenir, mais il faut savoir le développer. »

 

Des regrets ?

« Tout ce que je n’ai pas réalisé. C’est pour cela que je fais un maximum de choses : pour avoir le moins de regrets possible. Pour l’instant, tout ce que j’ai accompli m’a apporté du positif. Il y a des choses que j’ai faites trop tôt, mais que je vais pouvoir refaire maintenant, et ça va être beaucoup mieux. »

 

Sa plus grande émotion

« Je suis fier d’avoir représenté mon pays dans une compétition internationale, d’avoir fait retentir la Marseillaise. On ne vit cela qu’une seule fois dans sa vie. Ce jour-là, pour lequel je m’étais préparé comme un sportif de haut niveau, a été le plus grand moment de ma vie professionnelle. »

 

Son truc en plus

« Je sais jouer du piano, de la guitare, de la trompette, de la batterie… Vous me mettez dans un groupe, pas de problème, j’assure ! Au Japon, j’ai joué du piano à la fin d’une présentation, cela a surpris tout le monde… »

 

Son pire défaut

« Je suis trop gentil, trop cool. Je ne sais pas être méchant quand il faut. »

 

Ses qualités

« Je n’excelle en rien, mais je sais tout faire. Je suis autodidacte dans tous les domaines, je peux faire de la maçonnerie, etc… »

 

Son fromage préféré

« Tout dépend de l’heure ou de la période de l’année ! À certains moments, je vais me délecter d’un maroilles par exemple. Mais en été, quand il fait bien chaud, ce sera plutôt tomates-mozzarella… »

 

Bio express

1998 première participation à la Foire de Tours

2005 champion de France des fromagers

21 janvier 2007 champion du monde des fromagers

3 mars 2007 Meilleur Ouvrier de France

7-9 juin 2015 organisation du Mondial du Fromage, au Vinci

 

www.rodolphelemeunier.fr