Le poids du bonheur

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De boulimie en RÉGIME, Ely était mal dans sa peau. c’est en acceptant son corps qu’elle vit enfin le bonheur d’être elle-même. Marie-Zélie Cupillard

Quand l’on rencontre une blogueuse ou une instagrameuse, on est parfois déçu, car derrière l’image digitale travaillée version glam, gourmande, engagée, décomplexée… il ne se cache parfois pas grand-chose de réellement excitant. Il manque souvent ce je ne sais quoi. Ce n’est pas le cas de cette Orléanaise d’adoption, Ely Killeuse, alias Yasmine, elle est loin du cliché d’une trentenaire faussement décomplexée qui s’expose sur les réseaux sociaux, Ely est une jeune femme épanouie, pourtant cela n’a pas été simple pour elle d’affronter et de dépasser les démons de son passé. Aujourd’hui elle partage son expérience dans son livre Body Positive édité chez Marabout. Ely explique comment elle s’est délestée de ses complexes tout en abandonnant le petit 36 qui rendrait soi-disant heureuse. Son livre allie son histoire à des conseils de développement personnel, des exercices, des challenges et aussi des astuces mode, sport et cuisine… qui s’appuient sur son expérience.

Tout commence à douze ans, quand sa prof de sport lui dit qu’elle remplit trop son justaucorps. Ely complexe, elle se sent mal dans sa peau, puis entre 15 et 17 ans elle tombe dans une boulimie vomitive : « les mots créent les maux, je n’acceptais plus mon corps, je n’avais pas confiance en moi. Je me goinfrais puis me faisais vomir tout de suite après. Même en 36 je me sentais grosse. » explique-t-elle.

Un processus d’acceptation
Ely se fait aider par un psy et découvre Les Quatre Accords Toltèques – livre publié en 1997 aux États-Unis –, cette démarche l’aide à comprendre qu’elle vit bien mieux dans son vrai corps taille 42. Mais c’est dans le vestiaire de son club de crossfit, en regardant les autres qu’Ely réalise que l’on peut être sportive et avoir du « gras », être forte peut aussi être un atout. Alors le processus d’acceptation se met en route, elle apprend à se regarder autrement nue dans le miroir le matin et le soir car le ventre n’est pas le même, mais on peut s’aimer ainsi : « s’accepter soi-même c’est accepter le regard des autres. » Alors si elle accepte son corps, la jeune femme ne baisse pas les bras, elle fait du sport en salle trois fois par semaine, elle a déjà fait deux semi-marathons : « avant le sport était synonyme de régime aujourd’hui c’est du plaisir, un plaisir que je partage avec mon mari. Le sport ça me dope ! »

Quels sont ses conseils pour se réconcilier avec son corps ? « Regardez-vous dans votre miroir avec bienveillance, comme si vous étiez votre meilleure amie – faites le tri sur les réseaux sociaux, ne pas s’abonner à des gens trop différents qui vous renvoient une culpabilité sur votre propre corps. En effet on veut ressembler aux modèles des magazines, qui ne représentent en réalité que 3 % de la population ! Retrouvez du plaisir dans le sport, ayez une alimentation saine pour trouver votre propre équilibre. » Avec le succès de son livre, Ely a dû faire face à une certaine agressivité sur les réseaux sociaux, où le mal être est parfois mieux perçu que la réussite, Ely a été confrontée à quelques réflexions piquantes, sans doute de la jalousie face à sa réussite. « Mais on ne peut pas vous reprocher d’être vous-même ! » conclut-elle.