Littérature bordelaise

© Julie Rey © Julie Rey

Deux beaux romans écrits par des bordelaises mettent en scène des personnages de femmes émouvants et attachants. Laquelle des deux vous touchera au cœur ?

© Julie Rey

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Françoise Monnier est orthophoniste et psychanalyste.

« Le nom de l’oiseau… » est son premier roman, pour lequel elle a beaucoup puisé dans son histoire familiale et sa propre expérience d’analysante.

L’histoire : Scènes de la vie d’une famille bourgeoise au milieu des années 50 : la jeune L. entend (une fois encore) ses parents se disputer pendant la nuit, accompagne son père à la chasse ou assiste au déjeuner dominical… Autant de scènes quotidiennes que l’auteure livre par bribes, et qu’elle décortique à travers sa psychanalyse.

Extrait : « Sa tristesse essentielle comme on le dit d’un tremblement ne semble pas faite de nostalgie et ne connaît pas l’impatience liée à l’anticipation. Tandis que L. se consume en regrets et espoirs, Gilberte se conserve en un éternel présent. »

Le style : Une belle écriture ciselée et gracieuse, un raffinement qui ne manque pourtant pas d’originalité et de fraîcheur, Françoise Monnier livre un récit qui mêle passé et projection vers le futur.

Le détail en plus : L’écriture élégante retranscrit les contours et les méandres de la langue dont elle traque, jusque dans ses rêves, les contradictions et les significations cachées.

« Le nom de l’oiseau ne dit rien de son chant », de Françoise Monnier (Éditions Confluences)

© Julie Rey

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Directrice de la communication de la mairie de Bordeaux, Marie-Laure Hubert Nasser s’était déjà fait remarquer avec son premier roman « La Carapace de la tortue ». Écrit « dans un état d’urgence » alors qu’elle était déjà en train de rédiger un autre roman, « Spleen Machine » nous entraîne dans une histoire à deux voix.

L’histoire : Au récit initial d’Alix, survolté à l’image de cette ado en quête d’amour et de sensations, répond celui de sa mère Anna, tout aussi intense. En proie à des tourments similaires, ces deux-là s’ignorent pour se mieux se rapprocher.

Extrait : « Cela faisait bien longtemps que je ne me posais plus aucune question sur mes parents. Nous vivions des existences parallèles et nos zones de frottement étaient apaisées. Nous nous étions respectivement épargnées. Pas de cette fameuse crise d’ados. Elle était rampante et invisible. elle collait a chacun de mes pores sans qu’ils en aient conscience. »

Le style : Habilement maîtrisé aussi bien dans le style que dans la forme, le roman de MLHN se lit d’une traite et entraîne indubitablement son lecteur vers un dénouement tout de finesse,.

Le détail en plus : Avec beaucoup de dextérité, MLHN a reproduit le langage des ados, et agrémente le journal d’Alix d’une play-list qui nous plonge au cœur de la culture teen-ager.

« Spleen Machine » de Marie-Laure Hubert Nasser  (Éditions Passiflore)