Lucile et Stéphanie font bouillir les marmites

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Deux anciennes collègues ont créé Les P’tites Marmites, une entreprise de livraison de repas sur le lieu de travail des salariés. Ces derniers ont le choix entre trois menus à base de produits frais. Installées à Tours-Nord, les complices savourent leur autonomie.

Sébastien Drouet

 

Leurs parcours

Lucile Vasseur, 33 ans, a décroché un BTS Management des Unités Commerciales en 2004, un diplôme qu’elle a passé en alternance dans une jardinerie où elle est restée deux ans de plus en tant que vendeuse. C’est d’ailleurs là qu’elle a rencontré Stéphanie, avec qui elle est demeurée en contact après son départ vers Montlouis, pour un poste de responsable, dans une jardinerie encore : « Mais j’étais trop bridée, il y avait trop de contraintes. J’ai été déçue. »

Stéphanie Simon, 39 ans, a vingt ans de commerce derrière elle. Après un CAP, un BEP puis un bac services, elle a travaillé à Auchan Tours Nord avant de faire des stages chez Husson (place du Grand-Marché), et d’être de nouveau employée à Auchan Saint-Cyr, puis en jardinerie, où elle a connu Lucile. Elle a œuvré ensuite dans les arts de la table, et même dans
les assurances !

Le déclic

Pour Lucile, c’est clair : c’est l’expérience pas vraiment top de Montlouis qui lui a donné envie de se lancer, même si elle avait ce désir depuis longtemps. Stéphanie se souvient : « On était à la maison, on parlait de monter une boîte. Je pensais à livrer des repas aux personnes âgées, Lucile partait sur le même principe, mais pour des salariés. » C’était début 2015. Il s’ensuivit des études de marché, des formations pour la création d’entreprise et, pour Stéphanie, le retour à l’école ! « J’ai obtenu l’équivalent du CAP cuisine avec l’Afpa. Les banques demandaient qu’au moins l’une de nous deux soit diplômée dans la restauration. » Stéphanie s’y est collée, avec bonheur, tandis que Lucile s’occupe de la gestion, de l’administratif, et de la livraison des clients.

Les difficultés

L’obligation d’obtenir ces différents certificats a repoussé le projet, l’entreprise ayant livré ses premiers repas début décembre 2017. Autre difficulté, et bon conseil pour les futures entrepreneuses : évitez septembre pour lancer votre activité, « juillet-août étant la pire période pour faire des démarches », assure Lucile. Trouver le local n’a pas été simple non plus, car il fallait que les propriétaires acceptent l’activité cuisine (il y a deux labos, dont un sans gluten). Sans parler des loyers, des parkings, etc.

Les aides

Stéphanie et Lucile ont été bien encadrées par la Chambre des Métiers, où une personne attitrée suit leur dossier. De même, un ami entrepreneur, Christophe, les parraine. Nous citerons encore la Banque Publique d’Investissement, Pôle Emploi, qui les rétribue actuellement, et Ulule, les deux entrepreneuses ayant fait un fructueux appel aux dons par ce biais (25 personnes les ont suivies, ce qui a rassuré les banques). 

Les P’tites Marmites, 56 rue de Suède, 37100 Tours – 02 47 29 57 48
www.lesptitesmarmites.fr

 

 

LES +

• La liberté de ne pas regarder l’heure

• Le stress n’est pas le même que pour un salarié

• La décision est assumée, on rattrape une erreur seule… ou on se complimente seule

 

LES -

• Difficile de se faire connaître au début, de trouver les premiers clients

• Manque d’échanges avec des personnes du même domaine professionnel. Du coup, Lucile et Stéphanie ont intégré Carbao, un réseau d’entraide