Lydie Boussin, l’oeuf a la cote

© Sacha Dinovetski © Sacha Dinovetski

6 000 « fifilles » comme les appelle, et presque autant d’oeufs à ramasser quotidiennement : Lydie, l’éleveuse de poules bio en plein air, a su trouver sa voie. Installée depuis 2011 à Pers-en-Gâtinais, elle ne changerait de métier et de cadre de vie pour rien au monde.

 

Son parcours

D’aussi loin qu’elle se souvienne, la fille d’employés de banque n’a jamais imaginé travailler autre part qu’en plein air, ni vivre ailleurs qu’à la campagne. Alors, après un bac technologique agricole et 2 BTS dans le même domaine, c’est la carrière de magasinier dans une coopérative agricole qu’elle a choisi d’embrasser. Mais bien rapidement, l’envie de voler de ses propres ailes s’est manifestée. Son courage et sa volonté ont fait le reste… Depuis, au coeur de son poulailler de 1 200 m2, implanté sur une parcelle de près de 4 ha où les gallinacés s’en donnent à coeur joie, elle récolte en moyenne 5 500 oeufs par jour, vendus sous l’appellation bio dans les circuits de grande distribution.

Le déclic

« Lorsque j’étais magasinier, j’ai exercé la fonction d’assistante commerciale dans la même entreprise, un court instant. Trop long. J’ai vraiment réalisé que je n’étais pas faite pour ça, qu’il fallait que je crée mon entreprise, et l’élevage de poules m’est apparu comme une belle opportunité de concilier tout ce que j’aimais. »

Les aides

À l’heure d’évoquer les aides dont elle a bénéficié lors de son installation, Lydie en oublierait presque le taux préférentiel octroyé aux jeunes agriculteurs par l’État, qui lui a permis d’emprunter les 400.000 nécessaires à la concrétisation de son rêve. C’est à son mari Christophe, « dans le milieu agricole lui aussi, du coin et touche-à-tout », sa famille et sa belle-famille que ses éternels remerciements sont adressés. « Sans leur aide, rien n’aurait été possible… Les 4 km de grillage qui entourent l’exploitation, c’est eux ! », sourit-elle, avant de saluer également la profession agricole « pour son soutien capital ».

Les obstacles

Parce qu’il fallait bien une ombre au beau tableau rural de Lydie, elle est venue de voisins, hostiles à son installation malgré leur méconnaissance du projet. Un tantinet procéduriers, ils ont fait retarder de 2 ans son lancement, avant qu’une solution à l’amiable ne soit trouvée, « l’échange de parcelles afin que le poulailler soit assez éloigné de chez eux ». Un compromis qui finalement, avec le recul, « s’est avéré être une très bonne solution. C’est beaucoup mieux ainsi et tout le monde est ravi ».

bio express

Née en 1982 à Nemours
Jusqu’en 2011 : magasinier dans une coopérative agricole
2011 : installation en tant que chef d’exploitation
2013 :
premières poules et premiers oeufs

Les +

Avoir un emploi du temps libre, être son propre chef, vivre en plein air, pouvoir élever et voir grandir ses filles Valentine et Angéline dans de telles conditions…

Les -

L’astreinte quotidienne. Et au début, tout naturellement, la peur de se lancer, comme tout entrepreneur. Une crainte vite dissipée !