Ma2line « Je suis moi ! »

E12

Touche-à-tout, surtout quand il y a un clavier, une souris ou un tube de peinture à portée de main, l’illustratrice-graphiste-webdesigner de 41 ans a récemment exposé ses dessins et tableaux de femmes. À présent, c’est le grand format qu’elle vise… à condition de trouver un lieu à la mesure de ses envies. Axel Besse 

Il y avait foule le 2 mars dernier chez Canon, l’étonnant salon de coiffure-galerie de la rue Albert-Thomas : ce soir-là, chaque invité pouvait enfin voir de ses yeux la concrétisation d’un projet né quelques mois auparavant d’une rencontre, celle de l’artiste tourangelle Ma2line et d’Alexis, le patron du salon, dans le cadre de la réalisation du calendrier de l’association « Flamme en rose » (lutte contre le cancer du sein). Cette fois-là, Alexis avait coiffé les dames, Ma2line avait peint leur corps. Et une amitié s’était nouée entre eux.

Le 2 mars dernier, donc, Ma2line organisait le vernissage de son expo de dessins et de peintures, en résonance avec l’endroit, elle qui aime investir des lieux inattendus : cavistes bio de Rennes, Poitiers et Tours, ou bien l’Instant, rue Bernard-Palissy, ou encore le Foyer des Jeunes Travailleurs, tous tapissés de ses œuvres à un moment ou à un autre depuis cinq ans.

Très branchée animaux, Loire et modèles féminins, Ma2line a été inspirée par ces derniers pour la série « Je ne suis pas la femme de ! » visible chez Canon (elle est décrochée depuis). « Je ne compte plus le nombre de fois où, pour présenter une femme, on dit : « C’est l’épouse de, c’est la maman de, ou la compagne de…» Eh bien moi, je suis moi ! » Un questionnement que Ma2line poursuit au-delà de son activité artistique : formatrice en informatique avec la Ville de Tours, elle n’en revient pas du nombre de femmes à qui les hommes disent, dès qu’elles approchent un ordinateur : « Tu n’y arriveras pas, chérie. » « Une partie de mon travail consiste à redonner confiance à toutes ces personnes à qui on fait croire que l’informatique n’est pas pour elles. »

Passion au quotidien
Dans un autre contexte, Ma2line elle-même a mis du temps à croire en elle. « Je n’osais pas me définir comme artiste. Je n’ai jamais fait les Beaux-arts, et j’ai dû prendre quatre cours de dessin dans ma vie ! » Il y a 14 ans, elle a quitté Paris pour Tours, qu’elle connaissait… pour avoir visité de la famille à Bordeaux. Ici, Ma2line est devenue animatrice multimédia et a continué de dessiner. Comme tous les jours, depuis toujours : « C’est une passion que je veux garder sans forcément vouloir en faire un métier. » Un gros projet artistique et éditorial a failli aboutir il y a quelques années, quand elle a conçu un didacticiel de 60 pages sur le hip-hop. Six mois de travail, un vif intérêt émis par Hachette. Mais pas de concrétisation au bout, si ce n’est la publication de l’ensemble du travail sur Facebook… et la naissance de quelque chose, d’une envie de créer, de réaliser, et de montrer. À présent, c’est une série de grands formats à l’encre de Chine et à l’huile qu’elle envisage de produire. Mais qui dit grands formats dit grand espace pour dessiner et peindre. C’est pourquoi Ma2line lance un appel : une grande pièce ou une cabane de jardin susceptible d’être transformée en atelier d’artiste, la comblerait de bonheur…

 Sur Facebook : ma2line