Maryvonne Hautin, Maire d’exception : Femme et communiste

Maryvonne-Hautin-EDITH

Syndicaliste engagée depuis toujours, Maryvonne Hautin fut d’abord adjointe à l’enfance et la jeunesse, auprès de Michel Guérin, avant de lui succéder en 2008, puis élue Maire de Saran en 2014. Rencontre avec une femme de caractère.
Marie-Zélie Cupillard

À 67 ans, Maryvonne Hautin  est avant tout une femme de convictions, sans langue de bois. « Nous les femmes, on se fait du tort à nous-mêmes, je n’ai jamais imaginé être le Maire de Saran, quand on me l’a proposé j’ai d’abord dit non ce n’est pas pour moi. À l’époque, je ne voulais pas sacrifier ma vie de famille. » Comme elle le fait remarquer, il n’existe pas de statut d’élu qui accorderait plus de disponibilité pour que les femmes puissent conjuguer vie politique, vie pro et vie de famille. La place des femmes en politique ce n’est pas tous les jours facile, Maryvonne Hautin en a fait l’expérience à plusieurs reprises, « arriver après un maire qui était là depuis 40 ans, il faut trouver sa légitimité. Au départ on me disait que j’étais l’héritière, mais je ne voulais pas être une potiche, alors je me suis affirmée grâce à mon équipe municipale. » L’édile sait donner le change, mais elle s’est heurtée au machisme de certains acteurs politiques, l’un d’eux l’a rebaptisée Folcoche, une femme de caractère est vite stigmatisée.

Politique et féminisme

Différence de salaire, plafond de verre, parité, l’équilibre vie pro et vie privée au quotidien… autant de sujets que Maryvonne Hautin aborde sans pour autant se revendiquer féministe « Je ne suis pas féministe à tout-va, je privilégie le travail en équipe. La parité imposée cela ne me correspond pas, même si au départ c’est une bonne idée, mais pourquoi ne l’appliquer que pour les municipales ? On ne doit pas attendre que les hommes nous donnent des droits, il faut que les femmes prennent leur place, c’est une bataille au cas par cas, et cela passe par un équilibre dans le couple avec une répartition des tâches quotidiennes, les hommes doivent s’impliquer. » Celle qui a fait sa carrière dans les assurances en débutant comme secrétaire à 17 ans, estime qu’il faut aussi se donner les moyens d’exister dans le monde professionnel. Elle a conscience d’avoir une approche et des perceptions différentes dans ses fonctions politiques en tant que femme ; que ce soit pour l’urbanisme comme pour la petite enfance. Récemment, elle a été particulièrement sensibilisée aux conditions de détention des femmes à la prison de Saran, « je pensais que c’était bien qu’elles aient leurs enfants avec elles en détention. En fait ce n’est pas une bonne idée pour les enfants, alors nous avons mis en place une convention avec la crèche pour que les enfants des détenues puissent se sociabiliser. » À l’approche des élections municipales, c’est le moment de l’affrontement avec l’opposition « ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable en politique. » Mais qu’importe puisque Madame le Maire a fait sienne la citation de Jaurès : « Le courage c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. »