Maud a du grain à moudre

© Léonard de Serres © Léonard de Serres

À 31 ans, Maud Mathie est à la tête de sa propre structure. La jeune femme, qui conseille et forme agriculteurs et personnels de silos, parvient à s’imposer dans un monde très masculin. 

 

Son parcours

Titulaire d’un bac scientifique, Maud Mathie, après avoir envisagé la filière vétérinaire, s’est finalement tournée vers des études d’ingénieur agronome à Agro Paris Tech : « C’est la meilleure école. Je l’ai choisie aussi car il y a un centre équestre. Le cheval est ma grande passion. » Elle suit un cursus de quatre ans, dont six mois à Sydney et six mois à Berlin. C’est au cours d’un stage en entreprise, dans la région parisienne, qu’elle découvre la conservation des grains. Elle commence sa carrière dans la même entreprise, avant de devenir formatrice, dans le Nord, auprès d’étudiants ingénieurs. Ce sont ces techniques d’apprentissage, mises au point là-bas, qu’elle utilise encore aujourd’hui lorsqu’elle forme ses clients.

 

 

Le déclic

Maud décide de créer sa structure en avril 2012 : « Le projet ne me correspondait plus, je ne voulais plus d’horaires fixes, afin de pouvoir monter à cheval quand je le souhaitais. Le déclic, c’est ça : l’envie de gérer mon temps à ma guise. » Elle reprend le chemin des études, à Lille, pour se former à l’entrepreneuriat et au management de l’innovation. Puis, elle intègre là-bas une coopérative d’activité et d’emploi, lui permettant de facturer. Elle a alors un statut rare : celui de demandeuse d’emploi, d’étudiante, et de salariée de la coopérative !

En janvier 2014, elle quitte le Nord pour le Centre, la plus grande région céréalière d’Europe. Elle crée sa société, TechniGrain, en EURL et se déclare en tant que gérante. La page précédente est alors définitivement tournée.

 

 

Les obstacles

« Il faut avoir un nom pour travailler ici, assure Maud. Personne ne m’a fait confiance la première année qui a suivi mon arrivée en Touraine. Et quand on a un souci administratif, c’est compliqué d’avoir une réponse. » Surtout quand chaque interlocuteur a la sienne… Par ailleurs, le fait d’être une femme, et celui d’être jeune, sont autant d’obstacles. Pas vraiment lorsque Maud se retrouve face à un groupe, mais surtout quand elle a affaire à une seule personne, généralement, un homme de plus de 50 ans placé à un poste de décideur…

 

 

Les aides

Accompagnée à Lille, Maud a continué de l’être à Tours, avec la CCI et la pépinière d’entreprises de Joué (Start’Ere). Financièrement, Initiative Touraine lui a octroyé un prêt, et la boutique de gestion lui vient en aide quand il le faut. « Même en travaillant seule, les autres sont indispensables, ne serait-ce que pour avoir des conseils, des avis », dit-elle.

 

bio express

21/08/1983 : naissance à Besançon (25)

2008 : Diplôme d’ingénieur agronome

2012 : création d’une première structure, à Lille

2012-2013 : Institut d’Administration des Entreprises (Lille)

Janvier 2014 : arrivée en Touraine

Avril 2014 : création de TechniGrain

 

 

Les +

Notre interlocutrice est certaine d’avoir effectué le bon choix de vie. Autour d’elle, tout le monde est rassuré. Son métier est varié, la lassitude ne fait pas partie de son vocabulaire. Et surtout, ça marche très fort pour elle !

 

Les -

Maud doit parfois partir 15 jours d’affilée – elle n’a pas de limite géographique –, ce qui suppose quelques « sacrifices ». « Je développerai mes projets personnels plus tard », sourit-elle.

 

www.technigrain.com