Olivier Frapolli, tableau d’honneur

passimâleolivier

Olivier Frapolli

Il est l’homme qui a permis à Orléans de retrouver le foot professionnel. À 42 ans, le coach de l’USO regarde pourtant déjà vers l’avenir. Entraîner, c’est prévoir…

Il se dit « réservé », mais fait le job sans rechigner. Dans son bureau du stade de La Source, Olivier Frapolli répond, avenant et pro, à toutes les questions. « Il y a deux choses qui me dérangent dans le foot, avoue-t-il : la violence et l’argent. Quand on regarde comment va le monde, certaines sommes sont démesurées… » Une assertion qui prouve que, malgré les clichés, les footeux n’ont pas (toujours) des œillères, et que leurs discours ne sont pas (toujours) des robinets d’eau tiède. Ainsi, lorsqu’on l’interroge – au hasard – sur la récente nomination d’une femme à la tête d’une équipe masculine de foot pro, il convient que « le milieu du foot est macho et conservateur ». Et fait part de son expérience d’avoir été arbitré par une femme : « Avec elles, on est moins dans un rapport de force ». Bon, il l’avoue aussi, 
il ne suit pas de très près l’actu du football féminin… 
A priori, à l’USO, personne n’en voudra à cet homme par qui le grand bonheur – l’accession du club en Ligue 2 après 23 ans d’absence – est arrivé. Un moment de grâce encore tout proche, mais déjà si loin : « L’euphorie a été intense. Il n’y a rien d’autre qui puisse procurer un tel sentiment d’adrénaline. Mais il a duré un week-end, pas plus. »

 

« Le pilote de quelque chose d’imprévisible »

 

Le foot a ceci de cruel qu’une saison à peine terminée, une autre commence. En guise de coupure, Olivier Frapolli va ainsi s’octroyer en juin, 15 malheureux jours de vacances. « On est un peu pris dans une machine à laver », répète ce Varois essoré qui savoure pourtant d’avoir pour le moment tiré son épingle du jeu. « Le chômage, je l’ai connu pendant six mois. Et je sais qu’il y a de bons entraîneurs qui sont aujourd’hui sans club. » 
Bien que l’USO soit, depuis la remontée, redevenu un tube à la mode à Orléans, Olivier Frapolli garde donc 
la tête froide : « Je suis quelqu’un de terre à terre, avec un réalisme parfois brutal. Je connais bien le métier, et je ne suis pas du genre à m’enflammer. Et puis un entraîneur, 
il peut, du jour au lendemain, être détesté ou adulé… »
Lui-même ancien joueur, Olivier Frapolli s’était frotté durant sa carrière à une myriade de coachs. Les avoir observés de près est d’ailleurs ce qui l’a longtemps fait réfléchir à l’heure de le devenir. « J’avais vu certains de mes entraîneurs souffrir, se rappelle-t-il. Et puis, la notion d’instabilité, dans un milieu où l’on ne signe que des CDD, me gênait : je me demandais si l’âge aidant, et avec une vie de famille, je devais continuer à bouger régulièrement. » Sa première expérience sur un banc, comme entraîneur-joueur, l’a rapidement convaincu d’enfiler le survêt’. Aujourd’hui, c’est l’USO qui s’en frotte les mains, reconnaissant les mérites de cet homme qui aurait pu devenir architecte s’il n’avait pas percé dans le foot. Une confidence qui dit quelque chose de son tempérament de bâtisseur, une qualité qu’il met désormais à profit dans le football ; à ceci près qu’il ne construit ni murs porteurs ni plans-masses, mais compose avec des garçons « d’âges, de nationalités ou de religions différentes ». De jeunes hommes qu’il doit « emmener », en maniant pédagogie, discipline et « paternalisme ». À 42 ans, il serait un peu ubuesque de qualifier ce père de trois enfants d’étoile montante. On en oublierait presque qu’il a décroché 
la lune….

 

Bio express

27/09/1971 : naissance à Hyères
1991 : premier match comme joueur professionnel (Toulouse)
2012 : devient entraîneur de l’USO