Philippe Lucchese a eu le déclic

© Léonard de Serres © Léonard de Serres

Ses premières expos, en 2014, ont été couronnées de succès. Et son remake du Radeau de la Méduse, avec vingt modèles féminins, n’est pas passé inaperçu. Le metteur en image est à son tour dans la lumière…

 

« Je travaille sans prétention, je n’ai pas de plan de carrière« , assure le photographe Philippe Lucchese quand on l’interroge sur ses projets. Et quand on lui demande ses objectifs, au sens technique du mot, il ne s’étend pas sur un sujet qui visiblement ne le passionne guère. Si l’autodidacte quarantenaire maîtrise la science des réglages, il n’est pas du genre à se focaliser sur le fonctionnement d’un appareil numérique. Son truc, c’est la réalisation. Un dada qui, il y a quelques années, a conduit ce vidéaste tout droit chez les Tontons filmeurs. Et même si, depuis, il s’est éloigné de l’image en mouvement, son travail actuel se rapproche de la mise en scène : « Ce que j’aime, c’est trouver la lumière, mettre en place le décor, essayer les costumes, recréer des ambiances de tournage. Ce sont des aventures humaines qui valent vraiment le coup. » L’une de ces « aventures » a récemment eu pour cadre l’Atrium de Saint-Avertin, où vingt modèles féminins ont posé pendant trois heures, le temps de reconstituer un célèbre tableau de Géricault, rebaptisé pour l’occasion Le Radeau des Méduses… Un travail sur les grandes œuvres du patrimoine pictural qui va se poursuivre – avec des modèles du XXIe siècle, c’est-à-dire portant éventuellement des piercings, des tatouages, des dreadlocks – mais que Philippe a débuté lors d’une résidence artistique à l’Étoile bleue, en novembre 2013, où il s’était penché sur le nu féminin au XIXe siècle. Les séances avaient donné naissance à quarante pièces de grand format, qui seront exposées à plusieurs reprises au cours de cette année.

 

 

Non à la femme objet !

À part François Pagé, qui a composé la toile qui sert de fond à la photo des « Méduses », Philippe Lucchese ne s’entoure que de femmes – costumière, maquilleuse, décoratrice, etc. – et ne photographie que des femmes, ou bien il les met largement en avant quand il refait, à sa manière, des affiches de films célèbres. Souvent, elles sont nues, ou du moins dénudées. Philippe, artiste avant tout, reconnaît être un grand amoureux de la Femme avec un grand F, « un continent que je vais continuer à explorer », mais sans qu’elle ne soit jamais, dans ses photos, un objet sexuel. « C’est la séduction qu’elle maîtrise qui m’intéresse, souligne-t-il. Je fais en sorte qu’elle soit sublimée. » De toute évidence, Philippe craint d’être pris pour ce qu’il n’est pas… Lui a-t-on d’ailleurs jamais reproché de photographier des femmes nues à bon compte ? « Non, jamais, mais je travaille sur un fil, je me pose cette question tout le temps… » Pourtant, lors des expositions, ce sont les dames qui viennent le féliciter. Sa démarche est donc bien perçue. « Je photographie celles de tous les jours, aucune n’est mannequin professionnel, assure notre mâle du mois. On recherche ensemble ce qu’il y a de beau. » Et ils trouvent : il n’y a qu’à voir le résultat…

 

Expos : le 24 avril à Neuvy-le-Roi, dans le cadre de « Si on en parlait ? Sexe, désir, amour » organisé par la DLLP (CG 37), du 1er au 4 mai à Saint-Antoine-du-Rocher (XL ART « L’Art en Grands Formats »), les 30 et 31 mai à Vouvray dans le cadre de « Graine d’art », et le 2 août au château de Valmer.

 

 

http://philippelucchesephoto.com – Et sa page Facebook, composée comme un vrai blog.

 

Bio express

1995 : licence de psycho à Tours

2004 : fait son entrée chez les Tontons filmeurs

2008 : devient photographe de la ville de Saint-Avertin

2013 : résidence à l’Étoile bleue