Plus tard, je serai… Rédac’ Chef de Marie-France comme Laurence Vély

E24

Clown, astrologue, avocate… Laurence s’est rêvée dans beaucoup de costumes, mais c’est l’illustration qui l’inspire et le digital qui la propulse. Rencontre avec une fille libre et BIEN DANS SES baskets.
Marie-Zélie Moser

 

Sa prochaine interview ? C’est Biolay. À 36 ans, Laurence Vély, la rédactrice en chef de Marie-France (le premier féminin créée en 1914), a su rebondir sans jamais se perdre dans l’ennui. Biberonnée au Fluide glacial, elle tombe sous le choc de « Baise-moi » de Virginie Despentes, et écoute la Marche Nuptiale en boucle ! Inclassable, Laurence Vély, est issue d’une famille de médecins, mais ne colle pas au moule. En classe, elle s’ennuyait tellement qu’elle passait son temps à dessiner : « dans ma famille j’étais l’ovni littéraire, un jour mon père m’a dit tu dessines des Mickey et tu te prends pour Van Gogh ! » À 10 ans elle disait qu’elle ferait polytechnique, à 15, elle passait son temps dans les tribunaux pour assister aux audiences. « J’aimais raconter des conneries ! » Finalement elle obtient un deug de conceptrice rédactrice et rejoint l’univers de la pub à l’agence McCann. Elle y découvre les Pantones, dessine encore, imagine des slogans. De nouvelles perspectives s’ouvrent à elle, mais le 11 septembre stoppe tout. Après une année sabbatique, elle fait une école de journalisme et rentre en stage à Canal Plus. Elle travaille avec la production à l’écriture des textes mais se sent un peu frustrée. Changement de média, changement de mœurs, elle part à Dubaï où elle animera un talk-show à la radio, pendant deux ans. « J’ai fait de belles rencontres et de beaux portraits d’artistes, mais je ne pouvais pas parler politique, ni d’alcool, ni de sexe… »

À 25 ans, elle rentre à Paris, et rêve de développer une boîte digitale avec comme moteur l’humour. Après neuf mois, elle s’ennuie et postule chez Condé Nast.

D’un titre à l’autre

C’est la rencontre décisive avec Joseph Ghosn directeur éditorial digital, chez Condé Nast : ça match ! C’est le début d’un parcours digital, d’abord pour GQ, puis pour Glamour « je partais de rien, donc j’avais une très grande liberté. Aucune contrainte liée aux annonceurs, ni à la ligne éditoriale. Je travaillais avec quatre filles drôles et brillantes, on a pu imaginer le mag idéal. » En 2013, elle quitte Vanity Fair, où elle s’occupait à la fois du print et du digital pour rejoindre Grazia. En parallèle elle devient maman de Gaston. Mère célib’ depuis 8 ans, elle jongle habilement entre son fils et sa carrière « Le taf c’est presque des vacances comparé à la maternité à plein temps ! » Loin des paillettes et des looks hyper pointus de Grazia, en 2016 c’est Marie-France qui la sollicite, pour être la rédac chef, « Le magazine s’adresse aux 40-50, avec bienveillance et sans diktats. ». Chaque mois, Laurence planche pour le féminin qui prône bien-être et équilibre, un certain art de vivre sans prise de tête. « Je dois trouver des idées, des talents, mettre les gens en relation, angler et éditer » Si elle définit son métier comme celui d’un artisan de la rédaction c’est bien pourtant sa double compétence, celle du digital et du print, qui fait sa singularité. Si elle n’est pas fascinée par les célébrités, elle en rencontre beaucoup. Parmi celles et ceux qui l’ont marquée « Édouard Baer pour son élégance » et Valérie Lemercier « j’aime sa tendresse, sa folie et son côté inclassable. » Mais aussi, Nathalie Simon, qui animait le grand prix du bien-être, organisé par Marie-France : « Je ne la connaissais pas, je l’ai trouvée drôle simple vive et pro ça donne envie de retravailler avec elle. »

 

Ses Confidences sur…

Son métier : C’est de l’instinct et de la chance « ce que je pense peut être singulier et intéresser les autres »

Un sujet : le monde arabe et le féminisme comment émerge-t-il, comment la mode va pouvoir s’imposer ?

Ses obsessions : La marche nuptiale. Trouver le bon titre, trouver la bonne formule, trouver l’angle. Le café. Les galettes de maïs au beurre salé.

Ses projets : Des pilotes d’émissions humoristiques. Écrire des nouvelles. Écrire un livre sur l’amour. « J’ai beaucoup de projets qui ne voient pas le jour mais je considère cela comme des hobbies. »