REGARD COSMOPOLITE SUR LE MARIAGE

mariage

AU JAPON, ON S’HABILLE EN KIMONO. AU SÉNÉGAL, LES INVITÉS DÉGUSTENT DE LA NOIX DE COLA. ET EN ALGÉRIE, SI UN HOMME DIVORCE, IL PEUT REPRENDRE SON ÉPOUSE DANS UN CERTAIN DÉLAI ! EDITH VOUS PROPOSE UN PETIT TOUR DU MONDE DES MARIAGES – DE LEURS PARTICULARITÉS SURTOUT – ET DES OBLIGATIONS QUI ENGAGENT LES ÉPOUX. Axel Besse

AU JAPON
TRADITIONS :  précédées, quelques mois avant, des fi ançailles, au cours desquelles les futurs mariés auront reçu de nombreux cadeaux emballés dans du papier de riz, les noces se déroulent au moins plusieurs semaines après le mariage civil. Si la robe blanche pour madame et le costume pour monsieur sont de plus en plus usités, le kimono garde ses supporters, dans le cadre d’une cérémonie shintoïste la plupart du temps. Au sanctuaire, la mariée, en kimono blanc et rouge, maquillée de blanc et chaussée de sandales, retrouve le marié, vêtu de noir. Tous deux boivent du saké, chacun leur tour (symbole de fi délité, amour et soutien mutuel), puis ils retrouvent leurs invités, réunis en petit nombre.
OBLIGATIONS : le mariage entraîne certains devoirs mutuels pour les deux conjoints, mais il est lui-même obligatoire pour avoir des enfants. Une fois mariée, la femme japonaise se doit, en tant qu’épouse et mère modèle, d’effectuer les tâches domestiques. Cela dit, désireuses de privilégier leur carrière, de plus en plus de femmes choisissent de se marier tard ou de rester célibataires. Conséquence : le taux de natalité est en chute libre.

AU SÉNÉGAL 
TRADITIONS : le matin du mariage, la vedette de la journée est lavée selon un rituel très précis, devant les sœurs du marié et sa propre mère. Après avoir invoqué les ancêtres, les femmes lui versent de l’eau sur la tête, la revêtent de pagnes blancs, la parent de gris-gris. La cérémonie a lieu après la deuxième prière de la journée : les hommes vont à la mosquée, prient, et le marabout prononce le mariage, que les pères des époux approuvent… en l’absence de la mariée. Elle et son homme ne pourront se voir que le soir, chez monsieur, où les invités seront réunis et se feront distribuer de la noix de cola. La fête va durer toute la nuit, puis les sept jours suivants !
OBLIGATIONS : comme ailleurs, un certain nombre de fautes ne doivent pas être commises sous peine de divorce : absence, adultère, condamnation infamante, défaut d’entretien de la femme par le mari, abandon de famille ou du domicile conjugal, mauvais traitements, mais aussi (ce ne sont évidemment pas des fautes), stérilité, maladie grave, incompatibilité d’humeur… Notons qu’au Sénégal, la polygamie est légale (jusqu’à quatre femmes pour un homme). Mais une femme n’est pas obligée d’accepter d’être l’épouse de plus…

AUX ÉTATS-UNIS 
TRADITIONS : ce pays étant une mosaïque de cultures et de religions (chacune ayant, de plus, ses propres chapelles), impossible de généraliser… Pour autant, on notera quelques rites bien incrustés dans les traditions américaines. « Something new, something old, something blue, something borrowed », par exemple. « Quelque chose de nouveau, quelque chose de vieux, quelque chose de bleu et quelque chose d’emprunté », tout cela devant se retrouver sur la robe de la mariée le jour J.
OBLIGATIONS : toute personne mariée doit participer à l’entretien de son conjoint, payer la nourriture, assurer les dépenses de la vie courante, régler les factures d’hôpital ou autres… Celui ou celle qui tombe malade en ayant le malheur de n’avoir ni argent ni assurance doit être suppléé(e) par sa moitié, quel que soit le contrat de mariage.

EN ALGÉRIE 
TRADITIONS : le prétendant s’étant rendu au domicile de ses futurs beaux-parents pour demander la main de sa promise, et les deux familles s’étant mises d’accord sur la dot et les cadeaux, les époux s’engagent officiellement lors de la « khotba » : le mariage religieux se déroule sous la direction d’un imam, de deux témoins et du tuteur de la future mariée. L’iman demande d’abord à cette dernière son consentement, puis demande la même chose au mari. Tous deux récitent ensemble le premier chapitre du Coran (« Fatiha ») ; ils sont alors officiellement mariés. Comme partout, les noces ne font que débuter ; ici, elles se poursuivront plusieurs jours.
OBLIGATIONS : outre les impératifs habituels (sauvegarder les liens conjugaux et les devoirs de la vie commune, la cohabitation harmonieuse, le respect mutuel), le code de la famille invite les époux à respecter les parents de l’autre, à leur rendre visite et à les accueillir. À noter : en cas de divorce, un homme peut « reprendre » son épouse dans un certain délai. Mais s’il en divorce trois fois successivement, il ne pourra la « reprendre » qu’après qu’elle se soit mariée avec quelqu’un d’autre et soit devenue veuve… ou qu’elle en ait divorcé.

EN CHINE
TRADITIONS : Comme dans de nombreux autres pays, les fiançailles ont une importance de premier ordre. En Chine, le jeune homme offre alors des cadeaux à la famille de sa promise. Une fois les fiançailles prononcées, il n’y a plus moyen de revenir en arrière : place au mariage ! Le grand jour, la mariée, si elle respecte la tradition, est en rouge. Elle rejoint à pied la famille de son mari en pleurant à chaudes larmes, manière pour elle de regretter un temps qui ne reviendra plus… Pendant le banquet, c’est la mariée qui sert le vin et la nourriture aux invités, pour les remercier de leur présence. Un peu plus tard, chez le marié, les rituels se succèderont, notamment celui-ci : dans la chambre, les nouveaux époux agenouillés boiront du vin en croisant le bras de l’autre. Puis, dans la chambre nuptiale, ils se couperont une mèche de cheveux qu’ils garderont précieusement comme un témoignage de leur amour et de ce jour si particulier. À peine troublé, durant la nuit, par les taquineries des jeunes célibataires (comme encore chez nous, parfois)…
OBLIGATIONS : comme au Japon, le mariage, qui a lieu tard (à Shanghai, 32 ans pour les hommes et 30 ans pour les femmes), est incontournable pour qui veut procréer. Mais les mentalités changent peu à peu. Déjà, le mariage arrangé, la règle jusqu’aux années 80, est en train de disparaître, tandis que le divorce progresse…

EN GRÈCE 
TRADITIONS : c’est le rite orthodoxe qui prévaut ; il concerne 98 % de la population. Mais avant le mariage, il y a eu les fiançailles, au cours desquelles les bagues ont été bénites par le prêtre, puis portées par chacun à la main gauche jusqu’au grand jour… où nous voyons arriver les mariés affublés chacun d’une couronne de fleur reliée à l’autre par un ruban. Beaucoup de danses sont effectuées pendant le repas, notamment le « Kaslamatiano », où les mariés et leurs proches forment un grand cercle. Mais traditionnellement, la fête commence avec la « danse de l’argent », au cours de laquelle les invités épinglent des billets sur la robe de la mariée. Mais ça, c’était avant (la crise)…