Rencontres chinoises : Joanna, libre de rêver son avenir

e11

La timidité d’une adolescente, la délicatesse de sa culture, Joanna nous accompagne en tant qu’étudiante en français. Rencontre avec Joanna 21 ans.
marie-zélie cupillard

Elle a un look d’ado timide, avec son sweat trop grand et ses jean’s troués : « mon style est plutôt confortable, je porte des robes que pour certaines occasions, si non je suis plûtot Nike et Adidas. » Joanna étudie le français depuis trois ans, c’est à ce titre qu’elle accompagne le groupe d’Orléanais venu visiter Yangzhou (ville de 5 millions d’habitants, jumelée avec Orléans). Née dans la province de Yangzhou, Joanna pratique la calligraphie, le running, mais pas la langue de bois. Derrière une façade discrète et timide, la jeune femme en devenir révèle un tempérament affirmé. On a envie de voir en elle une nouvelle génération qui saura tenir tête aux injonctions d’une société encore pétrie de traditions. Joanna c’est une courageuse comme on les aime. La jeune chinoise aura-t-elle la force de désobéir aux voies toutes tracées par ses parents ? « C’est difficile d’être libres pour les femmes en Chine, il y a le poids des traditions. Les parents et les professeurs nous dictent un chemin à suivre : on se marie entre 25 et 30 ans, après les hommes te trouvent trop vieille ! » Joanna a choisi d’étudier le français car elle apprécie la littérature française et connaît ses classiques : Duras, Camus, Flaubert… Elle regarde beaucoup de films français sur son ordinateur : Amélie Poulain, La vie d’Adèle, Jeux d’Enfants, La Reine Margot. « Les livres me permettent de découvrir des expériences et des sentiments en tant que femme, et pas de les vivre juste à travers l’histoire de ma famille et de mes grands-parents. » Plus tard Joanna veut être écrivain, mais ses parents ne la soutiennent pas, ils l’encouragent à devenir professeur.