Sandrine : Médiatrice en entreprises

E23

Après un licenciement, Sandrine Lescure s’est reconvertie en médiatrice d’entreprises. Un métier amené à connaître un fort développement dans les années à venir.
Sébastien Drouet

 

Son parcours

Ancienne Parisienne, Sandrine Lescure rêvait de devenir hôtesse de l’air. Elle finira par atterrir sur la tour ELF où elle réceptionnera l’ensemble des visiteurs & VIP de l’ancien PDG, Loïk Le Floch-Prigent, avant de créer, avec sa mère à Paris, une agence d’hôtesses, qui n’a pas surmonté les impacts économiques de la guerre du Golfe (1991). Après un divorce compliqué, Sandrine est venue en Sologne pour s’installer dans la maison familiale. Une région où il lui a été difficile de trouver du travail dans l’événementiel. « J’ai donc fait tout et n’importe quoi dans l’intérim, dit-elle. Je suis finalement entrée dans un groupe d’industrie électrique, où j’ai évolué durant 16 ans, jusqu’à occuper les postes d’assistante de direction et d’acheteur. » Souffrant d’un manque de reconnaissance qu’elle s’est permise d’exprimer, Sandrine s’est fait licencier pour raisons économiques à la veille de ses 50 ans.

Le déclic

Au cours du bilan de compétences qui a suivi son licenciement, Sandrine s’est fait souffler une idée à l’oreille : pourquoi ne pas devenir médiateur d’entreprises ? Un métier nouveau. On connaît l’action des médiateurs dans les domaines de la famille et du social, peu dans celui du travail. Ils permettent pourtant de sortir à moindres maux, financiers et psychologiques, d’une situation de crise, que celle-ci concerne deux entreprises en désaccord, ou les salariés et/ou cadres d’une même société. Séduite, Sandrine a passé un diplôme de médiateur à l’université d’Assas (Paris) avant de créer Success Médiation en avril dernier : « J’interviens sur ces deux plans, en médiation conventionnelle, quand il y a un conflit, pour éviter que ça n’aille plus loin, ou en médiation judiciaire, pour se sortir d’une procédure. Il faut que les deux parties soient d’accord. » Un juge peut aussi décider de passer par cette voie qui reste de toute façon confidentielle.

Les difficultés

La première : se faire connaître. Sandrine se démultiplie pour présenter son activité aux entreprises, aux institutionnels. Pour l’instant, elle sème ! Et elle en profite pour clarifier un point : elle n’est pas coach. « Je ne suis pas là pour remettre de la bonne humeur dans les entreprises et repeindre les murs en rose », sourit-elle.

Les aides

La première qui vient à l’esprit est celle apportée par sa conseillère d’Altedia, qui a aiguillé Sandrine vers sa nouvelle voie. Et depuis son installation, le médiateur, ou la médiatrice, comme vous préférez, reçoit un accueil favorable de la CCI, de l’Union des professions libérales, de la Confédération des Petites et Moyennes entreprises, etc. pour présenter son activité…

 

LES +

  •  La profession ouvre un vaste champ de possibilités pour Sandrine : « Nous sommes très peu nombreux dans ce domaine à Orléans. C’est une niche importante. »
  •  Notre interlocutrice regroupe là trois de ses passions : l’humain, la communication et la négociation.

 

LES -

  • Le cœur de ville reste assez petit, Orléans fonctionne par réseaux. « Il faut connaître les bonnes personnes », prévient Sandrine.
  • Le fait de travailler seule. « On doit s’imposer des astreintes d’horaires, de planning… Il y a beaucoup de hauts et de bas »