Simone de Beauvoir à l’écran

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La vie romanesque de l’écrivain, auteure notamment du Deuxième sexe et du « Manifeste des 343 », a parfois fait l’objet d’adaptations ciné ou télé.

Il a fallu attendre 2013 pour qu’apparaisse le personnage de Simone de Beauvoir dans un film de cinéma. Et encore, ce n’est pas le personnage principal. Le personnage principal, c’est Violette Leduc, qui donne son prénom au film de Martin Provost. L’histoire ? Pendant l’Occupation, Violette Leduc vit cachée à la campagne avec son mari Maurice Sachs, un écrivain qui aime l’autofiction. Celui-ci encourage sa femme à écrire sur ses propres expériences. Le couple prétend être marié alors que Sachs est homosexuel et que Violette, qui se trouve affreuse, est à la recherche d’affection et de plaisir charnel. Leduc monte à Paris, où elle découvre le travail de Simone de Beauvoir, qui vient juste d’écrire L’Invitée. Elle parvient à lui montrer son premier manuscrit. Impressionnée par son travail, Beauvoir parvient à la faire publier. De son côté, Violette a une fascination sans bornes pour « le Castor », surnom de Simone…

Sartre entre en scène

C’est Sandrine Kiberlain qui campe cette dernière, véritable bloc de solitude (Sartre est lointain dans le film), l’autre, Violette, étant interprétée par Emmanuelle Devos.

Rare au cinéma, le personnage de Simone de Beauvoir a en revanche inspiré les scénaristes et réalisateurs de télévision, qui ont zoomé sur une partie de sa vie – comme dans Pour Djamila (2011), où l’on voit une Beauvoir engagée aux côtés d’une combattante algérienne (et surtout de l’avocate Gisèle Halimi) en 1959 – ou se sont attardés sur sa vie privée, certes riche en rebondissements et en présence de people influents. Dans Les Amants du Flore (2006), on assiste à sa rencontre avec Sartre et au triomphe du Deuxième Sexe. C’est encore la relation entre les deux philosophes et écrivains qui sert de cadre à Sartre, l’âge des passions, produit la même année pour France 2…

 

Beauvoir et le cinéma
Les films qu’elles voyaient ont souvent été cités dans les œuvres écrites par Simone de Beauvoir. C’était une véritable passionnée du septième art. Dès son jeune âge, elle a vu tous les Chaplin, Le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein, Les Rapaces et Symphonie nuptiale de Stroheim. Elle a vu avec Sartre les premiers films parlants, et même le premier, Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland. Elle a découvert Un chien andalou de Buñuel. Au début des années 1930, elle a dévoré le cinéma américain. Elle continuera d’aller voir les films durant toute sa vie, mais moins cependant à partir des années 1970. On notera que l’un de ses derniers textes a été consacré à un film, Shoah de Claude Lanzmann, paru dans Le Monde en 1985.