Sophia Aram

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Avec son nouveau spectacle, l’humoriste et comédienne, pilier du « 7-9 » de Patrick Cohen sur France Inter, bat la campagne pendant la campagne… électorale. Elle passera bientôt en Touraine, une province qui ne lui est pas inconnue. Propos recueillis par Sébastien Drouet

Vous jouerez « Le fond de l’air effraie » le 23 mars à Joué-lès-Tours. À quelques semaines de la présidentielle, donc. Parlerez-vous essentiellement de politique, ou aborderez-vous d’autres thèmes ?

Évidemment, dans ce spectacle, je parle beaucoup de politique. J’évoque un peu le jeu politique mais, de manière générale, j’aborde des thèmes et des événements qui traversent notre société et qui constituent l’air du temps, qui commence à sentir un peu le moisi…

Faut-il être de gauche pour apprécier vos spectacles ?

Non, je ne crois pas. Le premier spectacle parlait de l’Éducation nationale, le deuxième des religions ; cette fois, je parle de l’actualité au sens large donc, fatalement, un peu de politique, mais ce n’est pas un spectacle sectaire, je ne me prive pas non plus de relever les incohérences de la gauche et il faut reconnaître qu’elles sont nombreuses. Mais disons que si vous êtes croyant (peu importe la religion), conservateur, de droite, genre droite dure, anti-mariage pour tous et pro-Poutine, vous avez peu de chance de ressortir ravi de la représentation.

Les auditeurs de France Inter retrouvent-ils dans le show la chroniqueuse qu’ils connaissent ?

Oui par les thèmes qui me sont chers. En revanche, l’écriture d’un spectacle ou d’une chronique n’a pas grand-chose à voir. Je pense que les auditeurs retrouveront mes prises de positions (on ne se refait pas), mes obsessions, mais aussi mes petites lâchetés.

Comment définiriez-vous votre humour ? Est-il « féminin », et si oui, quel sens donnez-vous à cet adjectif ?

C’est compliqué de définir ou qualifier l’humour. Par ailleurs, j’ai du mal à « genrer » l’humour. Il faudrait d’abord qualifier ce qu’est l’humour féminin ou masculin d’ailleurs, et cela me semble difficile. C’est comme les jouets pour enfants, ce n’est pas parce qu’on met du rose sur l’affiche que ça en fait un spectacle de filles.

Quelles sont vos limites en matière de rire ?

À part les limites légales, c’est-à-dire l’interdiction d’appeler à la haine raciale ou à la diffamation, je n’en ai pas. Par contre, j’essaie d’éviter de renforcer les préjugés ou de porter un propos que je ne soutiendrais pas en dehors de la scène.

Quel est le rôle d’un(e) humoriste, selon vous ?

Faire rire avant tout, mais si en plus, on peut aider à ouvrir sur des thèmes, des points de vue intéressants, alors c’est un vrai plus.

Avez-vous un souvenir lié à la Touraine ?

J’en ai des tas, outre le fait que j’ai joué mon précédant spectacle à l’espace Malraux ; j’ai démarré l’improvisation théâtrale dans les années 90, et j’ai participé à un championnat d’improvisation junior dans une salle de La Riche. Je me souviens que Frédéric Volovitch (NDLR : chanteur et humoriste) jouait dans l’équipe de Tours, et moi dans l’équipe de Trappes aux côtés de Jamel Debbouze. C’est un chouette souvenir.

Plus tard, je suis revenue dans la région, à Ballan-Miré précisément. J’aime Ballan-Miré, ça peut paraître bizarre, mais je m’y sens bien, j’y ai passé pas mal de week-ends et de vacances.