Sophie Deschamps, Sophie des villes

E16

Elle accompagne le réveil des auditrices et auditeurs de RCF Loiret chaque matin en leur annonçant les nouvelles. Seule aux commandes de son journal, Sophie Deschamps donne les clés pour comprendre le monde qui nous entoure. Non sans pédagogie. Et ce n’est pas un hasard… Sébastien Drouet

Elle a failli être éducatrice spécialisée. C’est vers ce métier que Claire Boutin, alias Sophie Deschamps, se destinait avant qu’elle n’embrasse la carrière de journaliste. Après être passée par différents postes au cours de sa formation, elle a choisi la radio : « J’aime être en contact avec les autres, je voulais faire des interviews. » Depuis 1993, Sophie est chez elle dans les locaux de RCF Loiret. Une professionnelle comblée : « J’aime l’info locale, qui est souvent considérée, à tort, comme secondaire. Je suis parfois la seule à donner une information tout en traitant des questions plus larges, comme les sans-abri en ce moment. » La semaine de notre venue, Sophie a parlé d’illettrisme, des migrants, d’une comédie musicale interprétée par des personnes handicapées mentales. « C’est une passerelle avec mon métier d’avant », remarque-t-elle. « Passerelle », c’est le mot qui convient. Passerelle avec son vécu, passerelle avec les auditeurs. Car cela fait partie du métier : transmettre des informations, certes, mais plus encore décrypter, expliquer, contextualiser. Sur une station qui n’est pas n’importe laquelle : « RCF est une radio chrétienne, qui défend des valeurs, mais ce n’est pas une radio religieuse. »

Des valeurs qu’elle partage. « Je me sens bien ici, sourit Sophie. J’aime voir le verre à moitié plein – c’est un de nos slogans d’ailleurs. Sans occulter les problèmes. Chercher le côté positif, mais pas à tout prix. Quand c’est possible… »

Le choc du 7 janvier 2015

Parfois, ça ne l’est pas. On la sent marquée, trois ans après, par la tuerie de Charlie Hebdo : « Pendant plusieurs jours, je n’ai pas pu travailler sur autre chose. Et plus tard, j’ai eu besoin d’aller sur les lieux. Devant le Bataclan, aussi. »

Un ange passe… Pour Sophie, la transmission de ses connaissances ne se fait pas uniquement par micro interposé : « Depuis vingt ans, je forme des jeunes qui sortent de l’école ou qui sont en service civique. Je leur apprends des techniques, mais aussi une certaine philosophie. Ils doivent comprendre que l’on ne parle pas uniquement de ce qui nous intéresse, mais de tous les sujets. » Certains sont un vrai plaisir. Les rencontres, par exemple. Sophie cite d’emblée celle avec Jean d’Ormesson, « un superbe moment ». Mais une personne qui vit dans la rue et qu’elle interviewe peut l’émouvoir tout autant.

Elle est tout cela, « Sophie l’humaniste », qui s’est longtemps investie dans l’Association de solidarité France-Algérie (son compagnon est algérien) et dans un restaurant d’insertion, Saveurs et Talents, à Saint-Jean-de-Braye, un petit peu moins maintenant que la jeune grand-mère de 56 ans veut se recentrer sur sa famille. Mais au fait : Sophie, Claire, Claire, Sophie… Qui est qui ? « Sophie Deschamps, c’est mon nom de journaliste que j’ai pris quand j’ai débuté ici, pour me protéger, disons. 

Guy Boutin, mon père, récemment décédé, était très impliqué auprès de Jean-Pierre Sueur. C’est lui qui m’a transmis ces valeurs d’humanisme, de partage. » De bonnes ondes qu’à son tour elle diffuse, sur l’antenne de RCF Loiret ou juste en discutant
comme ça, sans micro…

RCF Loiret, 91.2 à Orléans